Imprimer
Catégorie : Dossiers
Affichages : 13950

1-Contexte 

L’Algérie s’est dotée depuis 1985 d’une politique de prévention des risques majeurs et de gestion des catastrophes. Cette politique a été renforcée, par la loi 04-20, relative à la prévention des risques majeurs et à la gestion des catastrophes dans le cadre du développement durable promulguée par son Excellence le Président de la république.

Ce texte constitue la base essentielle  d’une législation posant les axes principaux d’une politique donnant une part importante à l’amélioration de la connaissance des risques ,le développement de l’information préventive, la prise en compte des risques dans la politique de développement et la mise en place de dispositifs de prise en charge de toute catastrophe d’origine naturelle ou technologique.

Les évaluations régulières relatives à la mise en œuvre de cette politique laissent apparaitre que malgré des actions et programmes réalisés par de nombreux secteurs, il persiste des faiblesses et des lacunes notamment en matière d’élaboration des textes exécutifs ,d’études et cartographies, de coordination des actions entreprises et dans le domaine de l’éducation et de la sensibilisation.

Au mois de Mars 2015, s’est tenue la troisième Rencontre mondiale sur la réduction des risques de catastrophe à Sendai, Japon. Au bout de plusieurs jours de débats, d’échanges et d’âpres négociations, les représentants de 186 Etats répartis entre les cinq continents dont l’Algérie, ont adopté le Cadre d’action de Sendai(2015-2030), après avoir évalué les résultats de l’exécution du Cadre d’action de Hyōgo (2005-2015) et constaté que malgré plusieurs avancées dans beaucoup de domaines de la réduction des risques de catastrophe, les pertes économiques continuaient à augmenter du fait de nombre de facteurs notamment humains.

La Rencontre s’est clôturée par l’adoption d’un cadre d’actions présentant 7 objectifs-cibles à atteindre et 4 priorités à mettre en œuvre.

L’un des objectifs essentiels a été et demeure  celui de doter le maximum de pays de plateformes nationale et locales, d’élaborer pour chaque niveau des stratégies et établir des programmes  multisectoriels, et de faire participer à la réflexion et à l’action toutes les catégories de la population.

Ces plateformes qui doivent se réunir régulièrement à l’image des plateformes régionales et mondiale permettent d’évaluer les progrès de la mise en œuvre des stratégies et programmes d’action, de partager les connaissances et les bonnes pratiques et de contribuer à mettre en place et faire fonctionner les processus de suivi.

Selon le Schéma National d’Aménagement du Territoire la variété physiographique et la diversité géologiques et climatiques se conjuguent pour faire de l’ Algérie une ( terre a risques ) .sur les quatorze risques majeurs identifies par l’ ONU , dix concernent l’Algérie : les séismes et risques géologiques , les inondations , les risques climatiques , les risques radiologiques et nucléaires , les feux de forts , les risques industriels et énergétiques , les risques portant sur la santé humaine , les risques portant sur la santé animale et végétale , les pollutions atmosphériques , telluriques , marines ou hydriques , les catastrophes dues à des regroupements humains importants.

La prévention des risques majeurs et la gestion des catastrophes dans le cadre du développement durable , constitue un système global initié et conduit par l’ Etat , mis en ouvre par les instituions publiques et les collectivités territoriales dans le cadre de leurs compétences respectives , en concertation avec les operateurs économiques , sociaux et scientifiques , et en associant les citoyens .

Le contexte mondial se caractérise ses dernières années par la recrudescence des différents risques de catastrophe à travers de nombreux pays des cinq continents.

En Effet, en Algérie  Après une année 2017 caractérisée par un record de départs de feux qui ont détruit des dizaines de milliers d’hectares de forêt, il est observé en cette année 2018 une recrudescence des événements climatiques extrêmes caractérisés par des pluies diluviennes et des orages violents survenant dans toutes les régions du pays et pendant toutes les saisons,ce qui bouleverse notre perception de ces phénomènes, nos analyses et nos programmes d’action.C’est dire aussi combien la situation est devenue autant intenable qu’inacceptable et nécessite l’urgence d’une véritable prise en charge.

C’est dans cet état d’esprit et pour réaliser ces objectifs, que le Ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du Territoire organise cette première rencontre dédiée à la gestion des risques de catastrophe,

2-Objectifs et attentes de la rencontre

Objectifs 

Les objectifs de la Rencontre se déclinent sur les axes suivants :

1-Sensibiliser et mobiliser les institutions nationales, les collectivités locales et toutes les parties prenantes autour de cette problématique ;

2-Débattre de la mise à jour de  la base juridique et son adaptation aux contenus des différents cadres d’action internationaux ;

3-Poser les grands axes de la stratégie nationale et des plans d’actions multisectoriels pour la période 2019-2030.

Attentes 

1-Une meilleure sensibilisation de toutes les parties prenantes  aux  conséquences fâcheuses et pertes couteuses encourues par une exacerbation des événements naturels extrêmes prévus par les experts ;

2-Une prise en charge efficiente et adaptée de tous ces phénomènes à travers :

   -Une meilleure connaissance et compréhension des risques par l’approfondissement des études et recherches, une meilleure coopération entre les centres spécialisés et les universités, la mise en place d’un réseau de chercheurs spécialisés et une meilleure relation entre les décideurs et les scientifiques ;

   -Une meilleure gouvernance par la répartition claire des responsabilités, une meilleure coordination intersectorielle la reddition régulière des comptes et une meilleure implication de la société à travers ses associations et ses organisations ;

   -Le renforcement de la résilience politique, économique et sociale de la société par le relèvement de l’investissement dans la réduction des risques par toutes les parties concernées, y compris le secteur privé.

   -Une meilleure préparation à affronter et accompagner les événements d’origine naturelle, technologique ou anthropique de manière organisée et efficace et la planification du relèvement et de la reconstruction selon des règles revues et adaptées.

3-Des recommandations issues des travaux des ateliers et des contenus des communications et des débats constitueront les principaux agrégats pour l’élaboration de la stratégie nationale et des plans d’action sectoriels.

3-Déroulement et consistance de la rencontre 

Date : 22 et 23 Octobre 2018.

Lieu : Centre International des Conférences C.I.C  « Abdelatif RAHAL »-Alger.

La Rencontre se déroulera en sessions plénières et en travaux d’ateliers dédiés aux quatre priorités du Cadre de Sendai .

SALLES CONFERENCES PLENIERES

Une première session|  intitulée « comprendre les risques de catastrophe»

  1. La compréhension des risques dans toutes leurs dimensions est une étape préliminaire à toute action ; l’exploitation des informations relatives aux risques concernant la vulnérabilité ; l’exposition des biens et des personnes et leur capacité à y faire face ainsi que les caractéristiques des aléas et l’environnement ;
  2. Le rôle de la science et la technologie dans la meilleure connaissance et compréhension des risques de catastrophe : université, centres de recherche ;
  3. Les bases de données locales et nationales sont constamment actualisées et largement partagées ;
  4. L’utilisation des connaissances et pratiques traditionnelles pour la gestion des risques de catastrophe ; M
  5. L’éducation de base et l’effort de sensibilisation.

Modérateur : Pr Ayadi Abdelhakim

Panel : Pr Benouar ; Pr Mebarki ; Pr Meghraoui ; Pr Harbi, Pr Guennachi ; Wadid Erian

Une deuxième session |  intitulée « renforcer la gouvernance des risques pour mieux les gérer ; la gouvernance des risques au niveau national et local est une nécessité absolue pour la gestion des risques.

  1. Renforcer la base juridique et institutionnelle et décentraliser la gestion des risques de catastrophe vers les collectivités et les communautés et renforcer les capacités nationales et locales par la formation ;
  2. Intégrer de façon systématique la Gestion des risques de catastrophe à tous les secteurs et renforcer la coopération intersectorielle dans le partage des connaissances et la mise en œuvre des plans d’actions communs ;
  3. Renforcer la coopération régionale et internationale et adapter la législation aux normes internationales en prenant en charge les objectifs des autres agendas ;
  4. L’information et la sensibilisation doivent être encouragées à tous les niveaux,
  5. Mettre en place les plateformes nationale et locales et élaborer les stratégies

Modérateur : Luna Abuswaireh

Panel: Dr. Fadi Jennan; Mr. Soualmi (MAE); Mr. Belkessam; Mme. Abu Ata; Pr. Belazougui; Mme. Ziani (MRE)

Une troisième session | consacrée à « Investir dans la réduction des risques aux fins de résilience »

L’investissement public et privé dans la prévention et la réduction des risques au moyen de mesures structurelles et non structurelles joue un rôle essentiel dans la résilience économique, sociale, sanitaire et culturelle du pays ainsi que la préservation de l’environnement .

  1. Allocation des ressources nécessaires, à tous les niveaux de l’Administration pour l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies et plans d’actions ;
  2. Renforcer les mécanismes de transfert de risques : assurances, fonds ;
  3. Encourager une participation plus productive des différents segments de la société ;
  4. Prise en compte des risques majeurs dans l’élaboration et l’application des instruments d’urbanisme, le suivi et la prise en charge de l’habitat informel et précaire, le renforcement des capacités pour l’application rigoureuse des codes et règlements ;
  5. Prise en charge de la protection des villes contre les inondations et rationalisation des dépenses.

Modérateur : Mr Ait Saada

Panel : Pr. Bendimered ; Pr. Erdik ; Pr. Diack ; Pr. Randrianalijaona ; Représentant du MHUV

Une quatrième session | dédiée à l’ « renforcer l’état de préparation aux catastrophes pour intervenir de manière efficace et pour « mieux reconstruire » durant la phase de relèvement, de remise en état et de reconstruction »

  1. nécessité d’un meilleur état de préparation aux diverses interventions ; la réglementation, les formations, les simulations, les stocks d’urgence ;
  2. Elaborer ou renforcer les systèmes de prévision, de veille et d’alerte ;
  3. Anticiper, planifier, intégrer les concepts de risque et de vulnérabilité dans les processus de planification et dans la politique de développement à tous les niveaux ;
  4. Capitaliser l’expérience des catastrophes passées : la phase de relèvement de remise en état et de reconstruction doit être préparée en amont de sorte qu’elle soit une occasion opportune de « reconstruire en mieux ».

Modérateur : Pr Yelles-Chaouche ;

Panel : Col. Larabi (MDN) ; Col. Laalaoui (DGPC) ; Mr. Belkhira (DGF) ; Mr. Hamadache (Météo Algérie) ; Pr. Benouar ; Pr. Ben Wisner.

SALLES ATELIERS

 Quatre ateliers consacrés aux mêmes thèmes se déroulant le deuxième jour

Une cérémonie de clôture |   lecture des recommandations des travaux des ateliers ;

 Exposition |  ouverte aux institutions et organismes concernés se déroulera le long de la rencontre.

4-Participants 

Environ 700  participants, de différents Institutions et Organismes Nationaux, Prendront part à cet important événement :

-Mesdames et Messieurs les membres des conseils de wilaya et élus locaux

- Mesdames et Messieurs les représentants des ministères :

-Les représentants des Institutions et Organismes Nationaux :

5-Programme 

Première Journée : 22 Octobre 2018

08h00

09h00

Accueil et Enregistrement des Participants

09.00

 10.00

Cérémonie d’ouverture : Allocutions d’ouverture

10.00

10.30

Introduction générale

1.      La politique nationale en matière de gestion des risques de catastrophe : Pr Belazougui Mohamed ;

2.      La problématique de la gestion des risques de catastrophe au niveau mondial : Pr BenWisner

10.30

 11.00

pause-café

11.00

 12.30

Session première : comprendre les risques de catastrophe

Modérateur :  Pr Ayadi Abdelhakim ;

Panel : Pr Benouar ; Pr Mebarki ; Pr Meghraoui ; Pr Harbi, Pr Guennachi ; Wadid Erian

-15 mn par intervenant -

12.30

13.30

Pause-déjeuner.

 

13.40

15.10

Session 2 : renforcer la gouvernance des risques de catastrophe pour mieux les gérer ; la gouvernance des risques au niveau national et local est une nécessité absolue pour la gestion des risques

Modérateur : Luna Abuswaireh

Panel: Dr. Fadi Jennan; Mr. Soualmi (MAE); Mr. Belkessam; Mme. Abu Ata; Pr. Belazougui; Mme. Ziani (MRE)

-15 mn par intervenant -

15.10

15.30

 

Pause-café

15.30

17.00

Session 3 : Investir dans la réduction des risques pour renforcer la résilience 

Modérateur : Mr. Ait Saada

Panel : Pr. Bendimered ; Pr. Erdik ; Pr. Diack ; Pr. Randrianalijaona ; Représentant du MHUV.

17.10

18.40

Session 4 : renforcer l’état de préparation aux catastrophes pour intervenir de manière efficace et reconstruire en mieux durant la phase de relèvement, de remise en état et de reconstruction 

Modérateur : Pr Yelles-Chaouche ;

Panel : Col. Larabi (MDN) ; Col. Laalaoui (DGPC) ; Mr. Belkhira (DGF) ; Mr. Hamadache (Météo Algérie) ; Pr. Benouar ; Pr. Ben Wisner.

-15 mn par intervenant -


DEUXIEME JOUR : 23
Octobre 2018

8.30

12.30

TRAVAUX DES ATELIERS

§   Atelier 1 : comprendre les risques de catastrophe :

§   Atelier 2 : renforcer la gouvernance des risques de catastrophe pour mieux les gérer ;

§   Atelier 3 : investir dans la réduction des risques de catastrophe pour renforcer la résilience ;

§   Atelier 4 : renforcer l’état de préparation aux catastrophes pour intervenir de manière efficace et « mieux reconstruire » durant la phase de relèvement, de remise en état et de reconstruire 

13.00

14.00

Pause déjeuner

15.00

16.00

Lecture des recommandations des atelierset cérémonie de clôture

6-Présentation des intervenants  

1-Abdelhakim Ayadi |Directeur de Recherche en Géophysique en C.R.A.A.G

Abdelhakim Ayadi est Directeur de Recherche en Géophysique au Centre de Recherche en Astronomie Astrophysique et Géophysique (C.R.A.A.G.) depuis 2004, Docteur d’état en Géophysique de l’Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediene. Il dirige l’équipe Zonage sismique au sein de la division Etudes Sismologiques au C.R.A.A.G. Il a à son actif plusieurs projets de recherche sur les séismes et leurs impacts. A dirigé plusieurs thèses de Magister sur les risques majeurs et des Doctorats qui portent sur les séismes et leurs impacts. A son actif plusieurs publications dans des revues internationales indexées. A participé à un projet de coopération (France-Algérie) dans le cadre du programme Tassili. Il a été coordinateur d’un groupe de travail dans un projet de recherche Européen FP7-Marie Curie Action funded under Grant Agreement PIRSES-GA-2013-612572 (http://ronda.ugr.es/irses-medyna/). Il a aussi participé à 4 projets IGCP-UNESCO dont celui relatif à l’élaboration de la carte sismotectonique de l’Afrique de 2011-2016 (UNESCO-IGCP-601) dans lequel il a été PI de la province Maghreb. Il est actuellement membre d’un autre projet UNESCO-IGCP-659 sur l’aléa et risque sismique en Afrique.

2-Mohamed Belazougui |  Directeur du Centre National de Recherche Appliquée en Génie Parasismique

Docteur Ingénieur en Génie Civil de l’Université Paris VI, Mohamed Belazougui est Directeur du Centre National de Recherche Appliquée en Génie Parasismique (CGS, Alger, Algérie). Il a occupé plusieurs postes de direction avant sa nomination au CGS en 1987 (SONATRO, CNAT, BEREG, MIHAB). Il a enseigné en tant que Maître de conférences associé de béton armé à l’ENP et l’USTHB (1974-1991). Il est le Président du Groupe Maghrébin de Génie Parasismique (GMGS) et de l’Association algérienne de Génie Parasismique (AGS). Il a été et est membre de plusieurs comités scientifiques et associations : Comité Exécutif de l’IAEE (2004-2012), comité National pour la Décennie Internationale de l’ONU pour la prévention des catastrophes Naturelles (IDNDR) [1990-1999], comité Scientifique et Technique de la Décennie Internationale de l’ONU pour la Prévention des Catastrophes Naturelles STC/IDNDR  [1996-1999], comités scientifiques des projets Radius (mondial) [1998-1999] et Risk-UE (Européen) [2001-2004] de Réduction du risque sismique dans neuf et sept agglomérations urbaines aux niveaux mondial et sud-européen, respectivement. Mohamed Belazougui est auteur et co-auteur de plusieurs publications nationales et internationales.

3-Djillali Benouar | professeur de génie parasismique et de gestion des risques de catastrophe

Djillali Benouar est professeur de génie parasismique et de gestion des risques de catastrophe à la Faculté de génie civil et directeur de la recherche à l'USTHB. Il a obtenu son doctorat à l'Imperial College de l'Université de Londres (Royaume-Uni) et sa maîtrise à l'Université de Stanford en Californie (États-Unis) et a effectué ses études postdoctorales à l'Université de Tokyo (Japon). Il est membre fondateur de l'Académie algérienne des sciences et technologies (AAST). Il a reçu deux prix internationaux pour ses recherches de l'UNESCO et de Thomson Reuters. Enseignant et mentor primé, il a été superviseur, co-superviseur ou conseiller de plus de 40 étudiants à la maîtrise et au doctorat. Il a publié en anglais et en français, il a publié plus de 45 publications dans des revues de renommée internationale et compte plus de 100 articles dans des conférences internationales. Il est membre du comité scientifique de la recherche intégrée sur les risques de catastrophe (IRDR), membre du réseau algérien des risques (AHNet) et coordonnateur du consortium Periperi U (Partenaires renforçant la résilience des personnes exposées aux risques), composé de 12 universités africaines, qui est un centre international d’excellence (ICoE) du programme IRDR. Il est membre de plusieurs groupes d'experts sur la réduction des risques de catastrophe. Il contribue activement à la collaboration internationale en matière de recherche, notamment en tant que membre de plusieurs sociétés et organisations professionnelles. Il est membre des groupes d'experts des Nations Unies suivants: 1) Groupe consultatif en Science et Technologie pour la réduction des risques de catastrophe (ARAB-STAG), 2) Mécanisme de coordination Arabe de la réduction des risques de catastrophe, 3) Groupe Arabe de la réduction des risques de catastrophe du Groupe de partenariat and 4) Cadre Global d'Evaluation des Risques de l'ONU (GRAF).

4-Ahmed Mebarki| Professeur des Universités, en génie civil à l’Université Paris-Est

Ingénieur diplômé de l’Ecole Nationale Polytechnique (1975, Alger), Ahmed Mebarki a d’abord exercé en qualité d’Ingénieur chef de Projet (Travaux Maritimes, Algérie). Il s’est ensuite orienté vers une carrière académique (recherche et enseignement supérieur): Docteur-Ingénieur (1984, Toulouse) puis Doctorat d’Etat ès-Sciences (1990, Toulouse). Depuis 1995 à nos jours, il exerce en qualité de Professeur des Universités, en génie civil, à l’Université Paris-Est, après avoir exercé en qualité de Maitre de Conférences (Normale’Sup, Cachan). Il a assumé diverses responsabilités académiques et scientifiques: Fondateur et Directeur de Laboratoire, Directeur d’Ecole Doctorale, Directeur d’Unité de Formation, Chef de Département, Directeur de l’Institut Universitaire Professionnalisé et Doyen de collège. Ses travaux de recherche sont dédiés essentiellement aux « Risques Naturels & Technologiques » : Aléas Industriels (explosions, impacts) & Naturels (Séismes, Tsunamis, Inondations, Sécheresse); Vulnérabilité et Fragilité: bâtiment & réservoirs industriels; Optimisation des risques; Effets cascade (ou dominos), Evacuation guidée optimale; Résilience. Il a collaboré et coordonné divers projets scientifiques académiques et en relation avec le monde industriel, avec divers partenaires en Afrique (Algérie), Amériques (Vénézuela, USA), Asie (Chine, Japon), Europe (Allemagne, France, Grèce).

5-Mustapha Meghraoui | Directeur de Recherche à l’Institut de Physique du Globe de Strasbourg , France

Mustapha Meghraoui (PhD) est Directeur de Recherche (Physicien 1ère Classe) à l’Institut de Physique du Globe de Strasbourg (IPGS, France). Il dirige l’équipe “Tectonique Active et Paléosismologie” à l’IPGS et développe des programmes pour les études liées aux failles sismiques, la sismotectonique, la paléosismologie, les paléotsunamis et les aléas géologiques. Il a joué un rôle déterminant dans l’identification des failles sismiques aussi bien dans le domaine interplaque que celui intraplaque. Il enseigne la tectonique active et la paléosismologie aux étudiants en Master I et II et a dirigé plus de 12 thèses de doctorat à l’Université de Strasbourg. Il a été Coordinateur et Principal Investigateur dans des projets scientifiques antérieurs et actuels en Europe et Moyen Orient (EC funded PALEOSIS ENV4-CT97-0578; SAFE EVG1-2000-22005, RELIEF EVG1-2002-00069, APAME ICA-CT-2002-10024, TRANSFER EC GOCE Contract N° 037058, FP7- ENV.2013.6.4-3-ASTARTE), en Algérie (PNE, ACI, CMEP) et en Afrique (IGCP-601, IGCP-659 Seismic Hazard and Risk in Africa). Il est le Président élu de la Commission Africaine de Sismologie, Citoyen d’honneur de la ville de Chlef (ex El Asnam, Algérie), Médaillé d’honneur de l’Université d’Aristoteles (Thessaloniki, Grèce), Médaillé du Mérite du Ministère de l’Intérieur de l’Italie, et Médaillé d’Honneur de la Société Géologique de Turquie. Il est auteur et co-auteur de 92 publications scientifiques dans les journaux internationaux, avec 2967 citations et un H-index de 32 (ISI Web of Science).

6-Assia Harbi | Directrice de recherche en géophysique au CRAAG

Formée à l'USTHB (Alger, Algérie) en géophysique où elle a obtenu les diplômes d'Ingéniorat, magister, doctorat et habilitation universitaire, Assia Harbi est Directrice de recherche en géophysique au Centre de Recherche en Astronomie, Astrophysique et Géophysique, CRAAG (Alger, Algérie). Coordinatrice de l’équipe de sismologie historique au CRAAG, elle s’intéresse particulièrement à la sismicité historique de l’Algérie et à la base de données sismiques. Auteur de plusieurs publications dans les revues scientifiques internationales indexées, elle contribue par ses travaux à une meilleure connaissance de la sismicité de son pays. Assia Harbi a servi en tant que Professeur Associé à l'université de Khemis Miliana où elle a enseigné la sismologie historique et encadre des étudiants en masters et doctorat. Elle es aussi Associée au Centre International de Physique Théorique de Trieste, Italie depuis 2004. Elle a été et est actuellement membre de comités scientifiques (CS) (CS du "Global Earthquake Model" (GEM, 2010-2012 ; CS du CRAAG, 2005-2017; membre du CS de l’Agence Thématique de Recherche en Science et Technologie, ATRST, Alger et du Conseil National de l’Evaluation des Chercheurs, CNEC, DGRSDT, Alger). C’est aussi la coordinatrice d'un réseau de scientifiques au niveau régional "North African Group for Earthquake and Tsunami studies" (NAGET, http://naget.ictp.it/) et Vice-Présidente d'une Association scientifique Arabe “Arab Geosciences Union".

7-Fouad Bendimerad | Président de EMI

Fouad Bendimerad est Président de EMI, organisation scientifique internationale à but non lucratif, et Directeur du projet PDRU. Il est un chercheur, un praticien et universitaire qui s'intéresse particulièrement aux mégapoles et à l'évaluation et à la gestion des risques urbains. Il a développé des approches scientifiques pour la mise en œuvre de schémas directeurs de résilience urbaine pour plusieurs mégapoles, notamment Istanbul, Amman, le Grand Manille, Mumbai, Dhaka et Alger. Il a enseigné dans plusieurs universités aux États-Unis, au Japon, en Allemagne, en Turquie et ailleurs. Il a conseillé plusieurs organisations internationales, des gouvernements et maintient un bureau conseil en ingénierie parasismique en Californie, où il est ingénieur professionnel agréé. Il a été chercheur principal et vice-président de RMS Inc. pendant 11 ans et a été membre du corps professoral de l'Université de Stanford pendant 13 ans. Il est titulaire d'une maîtrise et d'un doctorat en génie civil de l'Université de Stanford.

8-Mustafa Erdik | Professeur Emérite en Sismologie de l’Ingénieur à l’Université de Bogazici

Mustafa Erdik est Professeur Emérite en Sismologie de l’Ingénieur à l’Université de Bogazici, Istanbul et Président de la « Turkish Earthquake Foundation ». Il a obtenu son MSc et PhD de l’Université de Rice (USA). Il a travaillé avec les organisations des Nations Unies et plusieurs fondations internationales à travers le monde sur les problèmes liés au génie parasismique et est auteur de près de 300 publications scientifiques. Il a obtenu la distinction de la prévention des catastrophes Sasakawa des Nations Unies, la distinction de l’OTAN  Science pour la Paix – Prix du Sommet, médaille Bruce Bolt octroyée par « Earthquake Engineering Research Institute, USA », et la distinction Prof. Nicholas Ambraseys (Distinguished Lecture Award) octroyée par l’European Association for Earthquake Engineering.

9-Mateugue Diack  | Professeur en science des sols et agronomie à l’Université Gaston Berger (GBU) de Saint-Louis, Sénégal.

Mateugue Diack est Professeur en science des sols et agronomie et Chef du Département de Crop Production, Ecole d’Agronomie, Aquaculture et Technologie Alimentaire à l’Université Gaston Berger (GBU) de Saint-Louis, Sénégal. Il a obtenu de l’Université de Purdue (USA) son PhD en science des sols, un MSc en gestion de l’eau et du sol, et une licence en agronomie internationale. Sa recherche et ses publications concernent la fertilité du sol, la dégradation/restauration de l’évaluation de la qualité du sol en relation avec le risque d’insécurité alimentaire et nutritionnelle de l’Ouest de l’Afrique. Actuellement, il dirige le programme de réduction des risques de catastrophe Periperi au GBU. Sur le plan académique et de formation, il a enseigné et supervise des activités de recherche sur la prévention et la gestion du risque d’insécurité alimentaire et nutritionnelle aux niveaux régional et national au Sénégal. Professeur Diack est le Coordinateur du programme Periperi U basé à l’Université de Gaston Berger.

10-Randrianalijaona Tiana Mahefasoa| Directeur du Centre d’Etudes et de Recherches Economiques pour le Développement au sein de la Banque Mondiale bureau de l’Océan Indien

Randrianalijaona Tiana Mahefasoa est Economiste avec plus de 20 ans d’expériences professionnelles, travaillant auparavant au sein de la Banque Mondiale bureau de l’Océan Indien, comme Economiste chargé de la gestion des risques de catastrophes et d’adaptation au changement climatique, Prof Randrianalijaona Tiana Mahefasoa a été nommé Directeur du Département Multidisciplinaire en Gestion des Risques et des Catastrophes (DMGRC) de l’Université d’Antananarivo depuis Avril 2009. Actuellement, il est le Directeur du Centre d’Etudes et de Recherches Economiques pour le Développement (CERED). Ses domaines de recherches touchent un certain nombre de thématiques avec des orientations prononcées sur les dimensions sociales des risques et les enjeux de ceux-ci avec la résilience et le développement durable. Il a été associé à beaucoup de projets de recherche et de développement de partenaires nationaux et internationaux en tant que principal Lead dont les objectifs principaux sont la réduction des risques de catastrophes et le renforcement de la résilience des communautés exposées aux risques. Un certain nombre de projet qu’il a conduit visaient aussi le renforcement des capacités des autorités locales pour mieux faire face aux risques de catastrophes tout en assurant le développement local. Membre d’un certain nombre de corps au niveau international dont le Groupe des Experts du Global Risk Assessment Framework de l’UNISDR, Prof Randrianalijaona Mahefasoa est le Responsable du programme PERIPERI U pour le compte de l’Université d’Antananarivo (Madagascar).

11-Ben Wisner |  Professeur invité à l’Institut “Risk and Disaster Reduction”, University College, Londres

Ben Wisner est Professeur invité à l’Institut “Risk and Disaster Reduction”, University College, Londres. Agé de 75 ans, il était très engagé dans les relations société-nature durant plus de 50 ans en s’intéressant à la recherche, l’enseignement et la formation sur les aléas naturels aussi bien dans le monde rural que celui urbain et ce, en Afrique, Asie et Amérique Latine. Il a été Directeur des Etudes Internationales et Professeur de Géographie à l’Université de Californie de Long Beach et a aussi enseigné à l’Université de Kyoto, l’Institut Fédéral Technique Suisse, l’Ecole des Sciences Economiques et Politiques de Londres, et à l’Université de Dar es Salaam en Tanzanie. Sa thèse de PhD (1978) s’intéresse à comment les petits agriculteurs font face à la sécheresse au Kenya. Il est co-auteur de deux éditions de “At Risk: Natural hazards, people’svulnerability and disasters (1994 & 2004)” et a dirigé le programme des Nations Unies “La Géographie de la Vulnérabilité Sociale dans les Mégapoles” (1997–2001), produisant la collection co-editée “Disaster Risk Reduction: Cases from Urban Africa (2009)”. Dr. Wisner est aussi le co-éditeur de "The Routledge Handbook of Hazards and Disaster Risk Reduction (2012)" et "Disaster Management: International lessons in risk reduction, response and recovery (2013)". Actuellement, il est co-éditeur de "Oxford Encyclopedia of Natural Hazard Governance". Il a été conseiller scientifique depuis 2007 pour le “Global Network of Civil Society Organisations for Disaster Reduction (http://www.globalnetwork-dr.org/)” et est aussi Conseiller du programme de recherche Séismes sans Frontières, ESRC-NERC (http://ewf.nerc.ac.uk/).

7-Organisation des ateliers 

Organisation des ateliers :

Afin de faciliter le travail des ateliers qui doit se terminer par des recommandations d’intérêt certain et applicables pour la société algérienne, elles doivent être basées sur des connaissances avérées, compte tenu des enjeux qui se posent, des exigences actuelles et adapter notre politique nationale pour au moins la décennie à venir.Les animateurs des ateliers doivent tenir compte des orientations ci après pour la direction de leurs travaux :

Atelier n° 1 : Comprendre les risques de catastrophe : un panel de scientifiques : Prs Belazougui (Président), Harbi (Rapporteure), Benouar ; Meghraoui ; Pr Erdik ;

La gestion des risques de catastrophe doit être basée sur la compréhension du risque dans toutes ses dimensions : la vulnérabilité, les capacités et l’exposition des personnes et des biens, les caractéristiques des aléas et l’environnement.

L’Elaboration et la mise en œuvre des dispositifs appropriés de préparation et d’intervention en cas de catastrophe doivent tenir compte des spécificités locales et des bonnes pratiques ancestrales.

Le renforcement des connaissances des risques de catastrophe est une étape préliminaire à tout programme d’action. La compréhension de la causalité devrait être considérée comme une base pour la réduction et la gestion des risques de catastrophe.

La connaissance théorique et pratique des risques doit être partagée à tous les niveaux de la société, par le biais de l’éducation et de la formation par :

-Le renforcement des moyens d’études et de recherche ;

-L'investigation des causes des risques de catastrophe, y compris les processus sociaux qui conduisent à l’émergence des facteurs de risque particuliers ou à des conditions dynamiques qui aggravent les risques existants ou créent de nouvelles formes de risque à tous les niveaux.

-L’implication des universités et des centres de recherche pour les études et recherches par des conventions avec les collectivités locales ainsi qu’avec les autres parties prenantes (entreprises, institutions, autres organismes).

-La collecte, l’analyse et l’utilisation des données liées aux catastrophes ;

-Le développement, la mise à jour et la mise à disposition de divers types d'informations géo-référencées pour les risques de catastrophe ;

-L'évaluation périodique des aléas, de la vulnérabilité et des risques de catastrophe ;

-La concertation entre les décideurs et les scientifiques doit être renforcée afin que les connaissances scientifiques soient traduites dans la pratique ;

-La vulgarisation de la connaissance et la compréhension des risques ;

Une meilleure information/sensibilisation/mobilisation de la population par :

-Le renforcement de l’enseignement des risques dans les différents paliers du système éducatif avec notamment l’implication des spécialistes dans la rédaction des manuels ;

-L’organisation de formations spécialisées dans la gestion des risques de catastrophes pour les administrations à tous les niveaux ainsi que pour les autres parties prenantes (institutions, associations, organisations, entreprises) ;

-Le renforcement des campagnes de sensibilisation (reportages, tables rondes, interviews) à travers les médias et notamment les radios locales ;

-Les connaissances acquises par tous les moyens doivent être exploitées pour prendre les mesures de prévention et de réduction des risques ;

-Les bases de données locales et nationales devront être constamment actualisées et largement partagées.

Atelier n° 2 : renforcement de la gouvernance des risques afin de mieux les gérer : Mr. Chater Wali de Tizi-Ouzou (Président) ; Pr. Ayadi (Rapporteur), Dr. Abousweirah ; Dr. Fadi Jennan ;

La gouvernance des risques aux niveaux national et local est une nécessité absolue pour la gestion des risques de catastrophe. Cela nécessite de :

-Renforcer la base juridique et institutionnelle en accélérant l’élaboration des textes d’exécution des lois en vigueur ;

 -Mettre à niveau les textes et les adapter aux normes et standards internationaux (cadres d’action internationaux) ;

-Intégrer de façon systématique la réduction des risques de catastrophe au niveau de tous les secteurs ;

-Encourager l’intégration et l'évaluation des risques de catastrophe dans la planification du développement à tous les niveaux et secteurs ;

-Renforcer la décentralisation de la gestion des risques de catastrophe au niveau des collectivités territoriales ;

-Installer les comités intersectoriels locaux en charge de la gestion des risques de catastrophe et préciser leurs missions et prérogatives ;

-Développer les stratégies nationale et locales ;

-Définir les rôles et responsabilités des gestionnaires à tous les niveaux ;

-Renforcer la coopération intersectorielle dans le partage des connaissances et des données acquises sur des fonds publics et la mise en œuvre de plans d’action communs ;

-Encourager et promouvoir la concertation entre les décideurs politiques et les universitaires à tous les niveaux ;

-Améliorer les échanges et la coordination des activités entre les villes à travers le réseau des villes résilientes en cours de constitution ;

-Renforcer les capacités locales et nationales par la formation et les exercices de simulations ;

-Encourager le débat public à tous les niveaux dans le cadre d’une gestion participative ;

-Renforcer l’engagement des autorités locales dans la formulation et l’adaptation des stratégies locales et traiter les questions de relocalisation des établissements humains en dehors des zones à risques (instruments d’urbanisme) ;

-Mettre en place un système de suivi et d’évaluation des progrès dans la gestion des risques de catastrophe basé sur des indicateurs appropriés.

Atelier n°3 : Investir dans la réduction des risques de catastrophe aux fins de résilience : Mr. Ait Saada (Président), Pr. Afra (Rapporteur), Ministère des Finances, MRE, Wali ; MHUV

La gestion des risques de catastrophe doit être une priorité dans tous les secteurs et à tous les niveaux.

L’investissement public et privé dans la prévention et la réduction des risques au moyen de mesures structurelles et non structurelles revêt une importance essentielle dans le renforcement de la résilience économique, sociale, sanitaire et culturelle des personnes, des collectivités et du pays ainsi que la préservation de l’environnement :

-Affecter le financement   nécessaire à la Gestion des risques de catastrophes ;

-Rationnaliser l’utilisation des moyens financiers mis à disposition des programmes d’investissements consacrés au domaine de la gestion des risques de catastrophe ;

-S’assurer que les plans de réduction des risques de catastrophe soient partie intégrante des plans de développement à tous les niveaux ;

-Renforcer les mécanismes de transfert de risques (assurances, fonds divers) ;

-Promouvoir une communication appropriée comme un élément important pour la sensibilisation non seulement aux risques mais aussi aux mesures d’investissement pour la réduction des risques de catastrophe ;

-Encourager une coopération étroite entre les décideurs et le secteur des sciences et des technologies afin d’identifier et déployer des méthodologies et des technologies rentables (techniquement réalisables, économiquement acceptables) pour la réduction des risques de catastrophe ;

-Encourager et soutenir les partenariats public-privé pour mobiliser des ressources à affecter à la réduction des risques de catastrophe ;

-Encourager une participation plus productive des différents segments de la société (secteur privé, société civile, organisations).

Les différents intervenants ont un rôle à jouer dans le renforcement de la résilience sociale en investissant leur temps, leur énergie et leurs ressources.

Ces investissements peuvent être par ailleurs des facteurs d’innovation, de croissance et de création d’emplois. Le secteur privé doit être associé directement dans la prévention des risques de catastrophe et les systèmes d’alerte en générant desemploisen contrepartie d’avantages fiscaux et parafiscaux.

Les mesures prises dans ce cadre permettent de sauver des vies, de prévenir et réduire les pertes matérielles et de garantir un relèvement et une réhabilitation efficaces.

Atelier n°4: renforcer l’état de préparation aux catastrophes pour intervenir de manière efficace et «reconstruire en mieux »durant la phase  de relèvement, de remise en état et de reconstruction: Wali (Président); Pr. Maouche (Rapporteur), DGPC , MDN , DGF , Mr. Ambar, Pr. Wisner

L’accroissement et l’aggravation des risques de catastrophe concourent à nous faire prendre conscience de :

-La nécessité d’un meilleur état de préparation aux diverses interventions en cas de catastrophe, de prendre les mesures prévisionnelles et de veiller à ce que les moyens soient en place aux fins des opérations de secours et de relèvement à tous les niveaux. Une bonne préparation signifie : anticiper, planifier, intégrer le concept de risque dans le processus de la planification et de la politique de développement à tous les niveaux. L’expérience des catastrophes passées a montré que la phase de relèvement, de remise en état et de reconstruction doit être préparée en amont et qu’elle est une bonne occasion de «reconstruire en mieux» notamment en intégrant la réduction des risques de catastrophes dans l’élaboration des plans  de développement;

-Encourager les villes et les communautés à fournir plus d’efforts pour s'améliorer et se rénover dans le but de construire des sociétés résilientes face aux catastrophes futures ;

-Elaborer et mettre en œuvre les dispositifs appropriés de préparation et d’intervention en cas de catastrophe en tenant compte des spécificités locales et des bonnes pratiques ancestrales ;

-Revoir et compléter les formations des différents intervenants ;

-Mettre à niveau de façon constante et régulière les stocks d’urgence ;

-Mettre à niveau régulièrement les textes portant organisation de l’intervention et des secours ;

-Encourager, dans l’esprit de «reconstruire en mieux», les parties prenantes à prendre les mesures nécessaires pendant le relèvement, la réhabilitation et la reconstruction après une catastrophe pour renforcer la résilience face aux catastrophes futures ;

-«Reconstruire en mieux» doit inclure la reconstruction des moyens de subsistance, la reconstruction de l'économie, la reconstruction des communautés avec une vision à long terme pour mieux se préparer aux futures situations de crise ;

-Développer des indicateurs sur le processus de reconstruction pour mesurer les réalisations et les progrès ;

-Encourager l’apport de la science, la technologie et la recherche pour constituer une base essentielle pour soutenir les décideurs et des secteurs privé et public dans leurs efforts pour «mieux reconstruire».

 8-Recueil des interventions/Biographies 

Introduction Générale

La Politique Nationale de Gestion des Risques de Catastrophe

Pr. Mohamed BELAZOUGUI

Directeur du CGS

RESUME

A l'instar de nombreux autres pays de la communauté internationale, l'Algérie s'était félicitée de l'adoption par l'Assemblée Générale de l'Organisation des Nations Unies de toutes les résolutions relatives à la Décennie Internationale pour la Prévention des Catastrophes Naturelles (DIRC/IDNDR). La résolution 44/236 du 22 Décembre 1989 consacrant la décennie 1990-1999 "Décennie Internationale pour la Prévention des Catastrophes Naturelles" s'était fixé comme objectif majeur la création au niveau de chaque Etat d'un comité national dont la mission principale serait de promouvoir des activités de réduction et de prévention des catastrophes naturelles. Durant la décennie 1980-1989, notre pays, ses populations et son économie  furent mis rudement à l'épreuve particulièrement face aux déchaînements des phénomènes naturels (quatre séismes dont deux très violents, des incendies de forêts durant plusieurs années consécutives, des périodes d'inondations alternant avec des périodes de fortes sécheresses, et enfin la menace d'une invasion par les acridiens durant les années 1987-1988). Fort de l'expérience acquise, notamment après le terrible tremblement de terre qui a très durement frappé la région d’EL Asnam le 10 Octobre 1980 (avec près de 3000 morts et plus de 3 Milliards de US Dollars de dégâts), le gouvernement algérien a adopté, dés l'année 1985, un plan national de prévention et de gestion des risques naturels et technologiques majeurs. Ce plan a été actualisé et renforcé en juillet 2003, suite aux leçons tirées des différents séismes et autres catastrophes survenues depuis et notamment les graves inondations de Bab El Oued (Alger) du 10 Novembre 2001 et le dramatique séisme de Boumerdès-Alger du 21 Mai 2003. La consécration des années 1990-1999 comme décennie internationale pour la prévention des catastrophes naturelles décidée par la communauté internationale est venue conforter l'action nationale programmée dans ce domaine. Celle-ci fut concrétisée en 1990 par la mise en place du Comité National pour la Décennie IDNDR. Ceci dénote de l'engagement résolu de l'Etat à mener à terme une politique conforme à l'esprit de la résolution et à l'insérer dans un cadre de coopération internationale concertée. C’est dans ce cadre que l’Algérie a participé activement à la Conférence à mi-parcours de Yokohama (mai 1994) et à l’adoption de la Stratégie de Yokohama pour le restant de la décennie, comme elle a participé activement au « Global Forum » de Genève (juillet 1999) qui a clos la Décennie DIRC/IDNDR en faisant un bilan pertinent débouchant sur des recommandations pour l’avenir qui ont été adoptées par l’assemblée générale des Nations Unies lors de sa 54 ° session en septembre 1999 où il a été proclamé l’établissement d’une « Stratégie Internationale pour la Réduction des Catastrophes (SIRC/ISDR) » pour le 21° siècle. Et c’est tout naturellement que notre pays s’est inséré dans les deux cadres d’action proclamés en application de cette stratégie, à savoir « Le Cadre d’action de Hyogo – HFA 2005-2015 » et « Le Cadre d’Action de Sendai SFA-2015-2030 », suite aux recommandations des deux conférences mondiales sur la RRC tenues respectivement à KOBE (2005) et à SENDAI (2015). Dans la présente communication seront présentées succinctement, la politique nationale de Réduction des Risques  de Catastrophe, les progrès réalisés dans ce domaine depuis une quarantaine d’années, ainsi quelques pistes de progrès souhaitables pour l’horizon 2030.

BIOGRAPHIE

Docteur Ingénieur en Génie Civil de l’Université Paris VI, Mohamed Belazougui est Directeur du Centre National de Recherche Appliquée en Génie Parasismique (CGS, Alger, Algérie). Il a occupé plusieurs postes de direction avant sa nomination au CGS en 1987 (SONATRO, CNAT, BEREG, MIHAB). Il a enseigné en tant que Maître de conférences associé de béton armé à l’ENP et l’USTHB (1974-1991). Il est le Président du Groupe Maghrébin de Génie Parasismique (GMGS) et de l’Association algérienne de Génie Parasismique (AGS). Il a été et est membre de plusieurs comités scientifiques et associations : Comité Exécutif de l’IAEE (2004-2012), comité National pour la Décennie Internationale de l’ONU pour la prévention des catastrophes Naturelles (IDNDR) [1990-1999], comité Scientifique et Technique de la Décennie Internationale de l’ONU pour la Prévention des Catastrophes Naturelles STC/IDNDR  [1996-1999], comités scientifiques des projets Radius (mondial) [1998-1999] et Risk-UE (Européen) [2001-2004] de Réduction du risque sismique dans neuf et sept agglomérations urbaines aux niveaux mondial et sud-européen, respectivement. Mohamed Belazougui est auteur et co-auteur de plusieurs publications nationales et internationales.

Progrès de la Stratégie Internationale de la Gestion des Risques de Catastrophes, 1990-2015-2030

Pr. Djillali BENOUAR

USTHB/FGC, Laboratoire Bâti dans l’Environnement (LBE)

RESUME

Depuis le début des années 1980, le thème de la réduction des risques de catastrophes « naturelles » a émergé sur la scène internationale et plus particulièrement dans la communauté scientifique.  Aujourd’hui un véritable « monde » de la gestion des risques de catastrophes « naturelles » s'est constitué au niveau international et s’est  institutionnalisé à tous les niveaux local, régional, national et international. Les questions posées sont comment les acteurs en justifient-ils la nécessité? Que nous révèle-t-il de la façon dont le monde d’aujourd’hui gère les risques au niveau global ? Une approche évolutive de ce processus d’internationalisation et d’institutionnalisation permet de discuter ce phénomène dans un contexte historique et mondial.

La question des catastrophes « naturelles », de leur gestion et de leur prévention et aussi du développement durable, est apparue au sein de la communauté internationale il y a une trentaine d’années environ. Un consensus s’est formé au niveau mondial autour de la nécessité de réduire les effets négatifs de ces catastrophes, alors même que cette responsabilité avait été laissée pendant longtemps à la seule charge des Etats lesquelles se limitaient à mettre en place des actions humanitaires de secours après l’arrivée de la catastrophe, c'est-à-dire une approche basée sur la réponse. On assiste donc depuis les années 1990 à l’émergence d'un véritable « monde » de la gestion des risques de catastrophes « naturels » à l’échelle mondiale. Ce mouvement s’est construit à l’intégration de plusieurs domaines (entre autres, le développement durable, l’humanitaire, l’environnement) et met en scène des acteurs: organisations internationales et régionales, acteurs étatiques, organisations non gouvernementales (ONG) nationales et internationales, centres de recherche, universités, compagnies d’assurances, etc. La thématique des catastrophes « naturelles » a désormais acquis une place privilégiée dans l’agenda international dirigée et soutenue par les Nations Unies.

A la fin des années 1980, parallèlement aux transformations institutionnelles dans le domaine des secours, un important lobbying se met en place au sein des Nations Unies pour déclarer les années 1990 « Décennie internationale de prévention des catastrophes naturelles ». De 1990 à 1999, la contribution des scientifiques au déroulement de la Décennie est pleinement reconnue, même s’il convient de mentionner une transformation remarquable: l’influence et l’apport grandissant durant cette période des sciences sociales, terminant l’exclusivité des sciences de la terre et des sciences de l’ingénieur.

La Stratégie Internationale de la Réduction des Catastrophes (ISDR) a été lancée en 2001, adoptée par l’Assemblée générale des nations Unies le 21 décembre 2001. Il s’agit d’une plateforme inter-agences chargée de promouvoir des activités en faveur de la réduction des risques des catastrophes « naturels » au sein des Nations Unies. l’ISDR a évolué assez timidement pendant les années 2001-2005. 

Le Cadre d’Action de Hyogo (CAH), opérationnel pour la période 2005-2015, est adopté par les 168 États et les organisations qui ont participé  à la conférence de Kobé en janvier 2005, qui avait pour but de définir les actions prioritaires à mettre en place pour réduire la vulnérabilité aux catastrophes « naturels ». L’ISDR se présente dès lors comme un « système de partenariat » qui est composé de gouvernements, organisations intergouvernementales et non gouvernementales, institutions scientifiques et techniques (universités et centres de recherche).

Les priorités du Cadre d’Action de Hyogo (2005-2015) sont : 1) veiller à ce que la réduction des risques de catastrophe soit une priorité nationale et locale et à ce qu’il existe, pour mener à bien les activités correspondantes, un cadre institutionnel; 2) mettre en évidence, évaluer et surveiller les risques de catastrophe et renforcer les systèmes d’alerte rapide ; 3) utiliser les connaissances, les innovations et l’éducation pour instaurer une culture de la sécurité et de la résilience à tous les niveaux ; 4) réduire les facteurs de risque sous-jacents ; 5) renforcer la préparation en prévision des catastrophes afin de pouvoir intervenir efficacement à tous les niveaux lorsqu’elles se produisent.

Au cours des 10 années sur lesquelles portait le Cadre d’Action de Hyogo (CAH), des catastrophes ont cependant continué de faire de nombreuses victimes, pertes économiques importantes, compromettant le bien-être et la sécurité de personnes, de collectivités et de pays entiers. Plus de 700 000 personnes ont péri, plus de 1,4 million ont été blessées et environ 23 millions sont devenues sans-abri. Au total, plus de 1,5 milliard d’êtres humains ont été victimes de catastrophes d’une manière ou d’une autre, les femmes, les enfants et les personnes en situation de vulnérabilité ayant été les plus touchés. Les pertes économiques totales se sont chiffrées à plus de 1 300 milliards de dollars.

La communauté internationale en constatant la complexité des catastrophes dont les conséquences sont de plus en plus lourdes dans bon nombre de pays développés et en voie de développement, a redoubler ses efforts pour renforcer la réduction des risques de catastrophe afin de réduire les pertes en vies humaines et d’atténuer les dégâts matériels qu’elles entraînent dans le monde.  Elle a adopté le Cadre d'action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe (SFDRR) 2015-2030 durant la 3ème Conférence Mondiale pour le Réduction des Risques de Catastrophe qui s’est tenue du 14 au 18 mars 2015 à Sendai (Japon). Compte tenu de l’expérience acquise dans la mise en œuvre du Cadre d’action de Hyogo (CAH), afin d’obtenir de meilleurs résultats et d’atteindre les objectifs recherchés, le cadre (SFDRR) mène depuis une action transsectorielle ciblée sur les plans local, national, régional et mondial en ce qui concerne les quatre actions prioritaires ci-après :

Priorité 1 : Comprendre les risques de catastrophe.

Priorité 2 : Renforcer la gouvernance des risques de catastrophe pour mieux les gérer.

Priorité 3 : Investir dans la réduction des risques de catastrophe aux fins de la résilience.

Priorité 4 : Renforcer l’état de préparation aux catastrophes pour intervenir de manière efficace et pour « mieux reconstruire » durant la phase de relèvement, de remise en état et de reconstruction.

BIOGRAPHIE

Djillali Benouar est professeur de génie parasismique et de gestion des risques de catastrophe à la Faculté de génie civil et directeur de la recherche à l'USTHB. Il a obtenu son doctorat à l'Imperial College de l'Université de Londres (Royaume-Uni) et sa maîtrise à l'Université de Stanford en Californie (États-Unis) et a effectué ses études postdoctorales à l'Université de Tokyo (Japon). Il est membre fondateur de l'Académie algérienne des sciences et technologies (AAST). Il a reçu deux prix internationaux pour ses recherches de l'UNESCO et de Thomson Reuters. Enseignant et mentor primé, il a été superviseur, co-superviseur ou conseiller de plus de 40 étudiants à la maîtrise et au doctorat. Il a publié en anglais et en français, il a publié plus de 45 publications dans des revues de renommée internationale et compte plus de 100 articles dans des conférences internationales. Il est membre du comité scientifique de la recherche intégrée sur les risques de catastrophe (IRDR), membre du réseau algérien des risques (AHNet) et coordonnateur du consortium Periperi U (Partenaires renforçant la résilience des personnes exposées aux risques), composé de 12 universités africaines, qui est un centre international d’excellence (ICoE) du programme IRDR. Il est membre de plusieurs groupes d'experts sur la réduction des risques de catastrophe. Il contribue activement à la collaboration internationale en matière de recherche, notamment en tant que membre de plusieurs sociétés et organisations professionnelles. Il est membre des groupes d'experts des Nations Unies suivants: 1) Groupe consultatif en Science et Technologie pour la réduction des risques de catastrophe (ARAB-STAG), 2) Mécanisme de coordination Arabe de la réduction des risques de catastrophe, 3) Groupe Arabe de la réduction des risques de catastrophe du Groupe de partenariat and 4) Cadre Global d'Evaluation des Risques de l'ONU (GRAF).

SESSION 1

COMPRENDRE LES RISQUES DE CATASTROPHE

SESSION 1: Comprendre les risques de catastrophe

Modérateur : Pr. Abdelhakim Ayadi

La gestion des risques de catastrophe se base essentiellement sur une bonne compréhension des aléas qui peuvent être à l’origine de la survenance de catastrophes. A ce titre, il est primordial de se consacrer à leur prise en charge en évaluant les niveaux de vulnérabilité et d’exposition des biens et des personnes présents sur un territoire. Pour cela, il est fait appel aux compétences dans les différents domaines afin de mieux caractériser les aléas et les niveaux de risques auxquels sont exposés les différents enjeux. Les scientifiques, qu’ils soient dans les universités ou centres de recherche, ont un rôle majeur pour une meilleur connaissance des risques. Leurs études sont d’autant plus requises car elles conduisent à la mise en en place de bases de données nécessaires pour une gestion optimale des risques. Il est aussi important de revenir aux archives historiques afin d’enrichir les bases de données qui souffrent de lacunes à cause du manque d’informations sur les épisodes associés aux différents aléas et qui auraient causé des dommages voir de possibles catastrophes. D’autre part, il est important de revenir aux traditions anciennes qui ont permis aux populations anciennes ayant vécu en Algérie de cohabiter avec les aléas présents sur certains territoires.

BIOGRAPHIE

Abdelhakim Ayadi est Directeur de Recherche en Géophysique au Centre de Recherche en Astronomie Astrophysique et Géophysique (C.R.A.A.G.) depuis 2004, Docteur d’état en Géophysique de l’Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediene. Il dirige l’équipe Zonage sismique au sein de la division Etudes Sismologiques au C.R.A.A.G. Il a à son actif plusieurs projets de recherche sur les séismes et leurs impacts. A dirigé plusieurs thèses de Magister sur les risques majeurs et des Doctorats qui portent sur les séismes et leurs impacts. A son actif plusieurs publications dans des revues internationales indexées. A participé à un projet de coopération (France-Algérie) dans le cadre du programme Tassili. Il a été coordinateur d’un groupe de travail dans un projet de recherche Européen FP7-Marie Curie Action funded under Grant Agreement PIRSES-GA-2013-612572 (http://ronda.ugr.es/irses-medyna/). Il a aussi participé à 4 projets IGCP-UNESCO dont celui relatif à l’élaboration de la carte sismotectonique de l’Afrique de 2011-2016 (UNESCO-IGCP-601) dans lequel il a été PI de la province Maghreb. Il est actuellement membre d’un autre projet UNESCO-IGCP-659 en cours sur l’aléa et risque sismique en Afrique.

Rôle de la Science et de la Technologie dans la Gestion des Risques de Catastrophe

Pr. Djillali BENOUAR

Académie Algérienne des Sciences et Technologies (AAST)

USTHB/ Faculté de Génie Civil

  RESUMEAu cours des trois dernières décennies, plusieurs pays développés et en voie de développement, ont principalement souffert des tremblements de terre, des inondations, des glissements de terrain, des tempêtes, de la sécheresse, de la désertification, des changements climatiques et d’autres aléas qui constituent des défis majeurs, pour la science et la technologie, entravant la croissance et la stabilité, ainsi que la pauvreté et la vulnérabilité. L'urbanisation rapide, l'augmentation de la population, le développement d'ouvrages d'ingénierie critiques, l'industrialisation de villes dotées de bâtiments modernes et la concentration de la population vivant dans des zones dangereuses sont des sujets de préoccupation croissants, dans la mesure où ils sont susceptibles de contribuer également à l'augmentation du nombre de pertes en vies humaines économiques dans les catastrophes futures. Dans ce contexte, l'enseignement supérieur, donc la science et la technologie, ont un rôle crucial à jouer. L’enseignement supérieur englobe l’ensemble des domaines de l’enseignement et de la recherche couvrant une variété de sujets et de disciplines. Les établissements d’enseignement supérieur contribuent à la gestion des risques de catastrophe par le biais de deux mécanismes généraux. Premièrement, ils renforcent les capacités d'une masse critique de personnes qui joueraient un rôle important dans la réduction des risques de catastrophe dans tous les secteurs. Ils développent les ressources humaines, sensibilisent, promeuvent la réflexion stratégique et créent le leadership qui occupe des postes clés dans divers secteurs. Deuxièmement, les établissements d’enseignement supérieur sont continuellement engagés dans des recherches sur divers sujets, ce qui nous permet de mieux comprendre les divers aléas, les vulnérabilités (physique et sociale), la résilience ainsi que les causes et les conséquences des catastrophes. Cela favorise le développement de nouvelles technologies, outils et méthodologies pour une meilleure évaluation des risques de catastrophe, une meilleure atténuation des catastrophes, une meilleure alerte et une meilleure préparation et une meilleure gestion des risques de catastrophe et, plus particulièrement, passer d'une société centrée sur l'information à une société centrée sur la connaissance.

Risques Industriels et Effets Dominos: de l’Aléa à la Résilience

Pr. Ahmed MEBARKI

Université Paris-Est

Laboratoire Modélisation et Simulation Multi Echelle (MSME / UMR 8208 CNRS)

RESUME

Les accidents industriels (cas des réservoirs) peuvent avoir diverses causes : Aléas naturels (séisme, tsunamis, inondations …) ; aléas technologiques (surpression, emballement thermique, corrosion …) ; aléas « humains » (erreurs …). La présentation s’appuiera sur quelques accidents récents dans des installations industrielles, en vue d’illustrer les multiples effets physiques induits par les: 1) Explosions au sein des installations entrainant leur fragmentation et générant des « pluies de projectiles » (fragments de réservoirs, tuyaux …) ; 2) Incendie et flux thermiques ; 3) Onde de choc et surpressions ; 4) Relâchements de produits toxiques ou polluants. Des analyses et simulations numériques présenteront, en guise d’illustration: 1) Les approches scientifiques permettant d’analyser les effets multi-physiques, dont les fragments solides pouvant impacter les installations environnantes et les endommager ; 2) Les méthodes scientifiques capables d’expliquer quelques dommages subis par des installations en zone côtière, lors d’inondation et tsunamis, et d’émettre des recommandations en vue d’en réduire la vulnérabilité ; 3) Les accidents en cascade dits « effets dominos »; 4) D’aboutir à un agencement optimisant les risques, à l’échelle d’un site ; 5) D’étudier les effets induits sur le personnel et optimiser leurs évacuations (surpressions ou fuites de produits dangereux, évacuation guidée) ; 6) De décrire les approches scientifiques pluridisciplinaires « intégrées » allant de l’aléa à la résilience.

BIOGRAPHIE

Ingénieur diplômé de l’Ecole Nationale Polytechnique (1975, Alger), Ahmed Mebarki a d’abord exercé en qualité d’Ingénieur chef de Projet (Travaux Maritimes, Algérie). Il s’est ensuite orienté vers une carrière académique (recherche et enseignement supérieur): Docteur-Ingénieur (1984, Toulouse) puis Doctorat d’Etat ès-Sciences (1990, Toulouse). Depuis 1995 à nos jours, il exerce en qualité de Professeur des Universités, en génie civil, à l’Université Paris-Est, après avoir exercé en qualité de Maitre de Conférences (Normale’Sup, Cachan). Il a assumé diverses responsabilités académiques et scientifiques: Fondateur et Directeur de Laboratoire, Directeur d’Ecole Doctorale, Directeur d’Unité de Formation, Chef de Département, Directeur de l’Institut Universitaire Professionnalisé et Doyen de collège. Ses travaux de recherche sont dédiés essentiellement aux « Risques Naturels & Technologiques » : Aléas Industriels (explosions, impacts) & Naturels (Séismes, Tsunamis, Inondations, Sécheresse); Vulnérabilité et Fragilité: bâtiment & réservoirs industriels; Optimisation des risques; Effets cascade (ou dominos), Evacuation guidée optimale; Résilience. Il a collaboré et coordonné divers projets scientifiques académiques et en relation avec le monde industriel, avec divers partenaires en Afrique (Algérie), Amériques (Vénézuela, USA), Asie (Chine, Japon), Europe (Allemagne, France, Grèce).

Le Défi de l’Atténuation du Risque Sismique au Nord de l’Algérie

Les enseignements des catastrophes passées et de l’expérience sismotectonique

Pr. Mustapha Meghraoui

Institut de Physique du Globe, Strasbourg (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

Membre de L’Académie Algérienne des Sciences et de la Technologie (AAST)

Membre du North African Group of Earthquake and Tsunami studies (NAGET)

Président de l’African Seismological Commission (AfSC)

RESUME

L’évaluation de l’aléa sismique et du risque de catastrophe en Algérie est une question importante des points de vue scientifique et politique. L’aléa sismique étant relativement important en Algérie car lié à des magnitudes forte à modérée (Mw > 6), la vulnérabilité peut être élevée et la gestion intégrée des risques devient de ce fait un objectif décisif. En 2011, un projet sur l’établissement d’une carte sismotectonique de l’Afrique a été initié grâce au support financier du programme international pour les géosciences de l’UNESCO-IUGS (IGCP-601) et a porté ses fruits en 2016 avec une banque de données. L’évaluation de l’aléa sismique est basée sur la caractérisation de la source sismique, la propagation des ondes sismiques (atténuation), et les effets de site dans la région considérée. Elle combine principalement les résultats de la sismologie, la géodésie et les investigations tectoniques  avec une modélisation du niveau d'accélération du sol. Les études sismotectoniques jouent un rôle clé dans l’évaluation de l’aléa sismique dans les zones sujettes aux séismes. Faisant partie de la frontière de plaques en Méditerranée occidentale, l'Atlas du Tell en Algérie est une des régions les plus actives sismiquement tel que le montrent les grands épisodes sismiques rapportés dans les catalogues et travaux de recherche. Le catalogue des séismes de l’Algérie montre l’occurrence de séismes destructeurs durant les dernières décennies comme le séisme d’Orleansville en 1954 (Ms 6.7), El Asnam en 1980 (Ms 7.3), Constantine en 1985 (Mw 6.0), Tipaza en 1989 (Ms 6.1), Mascara en 1994 (Ms 5.8), Ain Temouchent en 1999 (Ms 5.8), et Zemmouri (Algeria) en 2003 (Mw 6.8). Cependant, le zonage sismique et l’évaluation de l’aléa sismique tels qu’adoptés dans la conception parasismique actuelle comporte des lacunes et le risque sismique demeure élevé. L’évaluation de l’aléa sismique et l’atténuation du risque sismique nécessitent une meilleure prise en charge pour cadrer avec les priorités des recommandations de la Conférence de Sendai pour la réduction des risques de catastrophes (Recommandations de Sendai, 2015). Les études d’aléa et de risque sismiques sont nécessaires pour la compréhension du potentiel destructeur des séismes qui peuvent entraîner des pertes en vie humaine, ainsi que des perturbations sociales et économiques. Une plateforme sur l’évaluation de l’aléa sismique, la réduction et l’atténuation du risque sismique est plus que nécessaire en Algérie

BIOGRAPHIE

Mustapha Meghraoui (PhD) est Directeur de Recherche (Physicien 1ère Classe) à l’Institut de Physique du Globe de Strasbourg (IPGS, France). Il dirige l’équipe “Tectonique Active et Paléosismologie” à l’IPGS et développe des programmes pour les études liées aux failles sismiques, la sismotectonique, la paléosismologie, les paléotsunamis et les aléas géologiques. Il a joué un rôle déterminant dans l’identification des failles sismiques aussi bien dans le domaine interplaque que celui intraplaque. Il enseigne la tectonique active et la paléosismologie aux étudiants en Master I et II et a dirigé plus de 12 thèses de doctorat à l’Université de Strasbourg. Il a été Coordinateur et Principal Investigateur dans des projets scientifiques antérieurs et actuels en Europe et Moyen Orient (EC funded PALEOSIS ENV4-CT97-0578; SAFE EVG1-2000-22005, RELIEF EVG1-2002-00069, APAME ICA-CT-2002-10024, TRANSFER EC GOCE Contract N° 037058, FP7- ENV.2013.6.4-3-ASTARTE), en Algérie (PNE, ACI, CMEP) et en Afrique (IGCP-601, IGCP-659 Seismic Hazard and Risk in Africa). Il est le Président élu de la Commission Africaine de Sismologie, Citoyen d’honneur de la ville de Chlef (ex El Asnam, Algérie), Médaillé d’honneur de l’Université d’Aristoteles (Thessaloniki, Grèce), Médaillé du Mérite du Ministère de l’Intérieur de l’Italie, et Médaillé d’Honneur de la Société Géologique de Turquie. Il est auteur et co-auteur de 92 publications scientifiques dans les journaux internationaux, avec 2967 citations et un H-index de 32 (ISI Web of Science).

La Base de Données Sismique: Conception et Utilité

Pr. Assia Harbi

CRAAG, Alger

RESUME

Pour se prémunir des effets désastreux des forts tremblements de terre, l’homme a, depuis les deux derniers siècles, déployé des efforts pour prédire leur survenance. Les scientifiques continuent à le faire de nos jours et développent toute sorte de méthodes pour atteindre cet objectif. Jusque là nous ne pouvons pas savoir quand et où aura lieu un tremblement de terre et quels en seront les effets. Mais nous savons qu’une région qui a vécu un séisme aujourd’hui en expérimentera un autre dans un certain nombre d’années. La meilleure des prédictions reste donc la connaissance des effets des séismes passés pour se préparer aux effets des séismes qui auront lieu dans le futur. Explorer l’histoire sismique d’une région devient ainsi primordial pour prédire les effets des séismes futurs. Consigner les résultats de cette exploration dans une base de données et la mettre à la disposition de tous les utilisateurs revêt une grande importance. Traduire la description des effets des séismes en chiffres et en cartes est très utile dans la réduction du risque sismique. Cette communication s’intéresse au mode de conception d’une base de données sismique en prenant comme terrain l’Algérie, aux applications qu’offre cette base de données et à son utilité. Cette conception reste valable pour tous les aléas auxquels on doit faire face pour une meilleure gestion des risques de catastrophes.

BIOGRAPHIE

Formée à l'USTHB (Alger, Algérie) en géophysique où elle a obtenu les diplômes d'Ingéniorat, magister, doctorat et habilitation universitaire, Assia Harbi est Directrice de recherche en géophysique au Centre de Recherche en Astronomie, Astrophysique et Géophysique, CRAAG (Alger, Algérie). Coordinatrice de l’équipe de sismologie historique au CRAAG, elle s’intéresse particulièrement à la sismicité historique de l’Algérie et à la base de données sismiques. Auteur de plusieurs publications dans les revues scientifiques internationales indexées, elle contribue par ses travaux à une meilleure connaissance de la sismicité de son pays. Assia Harbi a servi en tant que Professeur Associé à l'université de Khemis Miliana où elle a enseigné la sismologie historique et encadre des étudiants en masters et doctorat. Elle es aussi Associée au Centre International de Physique Théorique de Trieste, Italie depuis 2004. Elle a été et est actuellement membre de comités scientifiques (CS) (CS du "Global Earthquake Model" (GEM, 2010-2012 ; CS du CRAAG, 2005-2017; membre du CS de l’Agence Thématique de Recherche en Science et Technologie, ATRST, Alger et du Conseil National de l’Evaluation des Chercheurs, CNEC, DGRSDT, Alger). C’est aussi la coordinatrice d'un réseau de scientifiques au niveau régional "North African Group for Earthquake and Tsunami studies" (NAGET, http://naget.ictp.it/) et Vice-Présidente d'une Association scientifique Arabe “Arab Geosciences Union".

L’Université et l’Apport de l’Education dans la Résilience des Territoires

Pr. Khadidja Guenachi

Université Oran 1

Equipe de Formation Risques

RESUME

La Résilience humaine, technique et territoriale, la réduction des vulnérabilités et la lutte contre les changements climatiques sont une réalité incontournable aujourd’hui;  la responsabilité humaine dans ces dérèglements anthropotechniques étant avérée.

Depuis 1995 et sous l’égide des Nations Unies, les dirigeants ont initiés des stratégies de lutte contre ces phénomènes de plus en plus rejetés par leurs populations. L'enjeu est désormais de renouveler une politique mondiale au vu de la montée des périls environnementaux de plus en plus catastrophiques (canicule-inondations-tsunami et/ou risques technologiques voire conjugués comme cela fut le cas en 2011 à Fukushima au Japon). Tels furent les problématiques abordées notamment lors de la COP21 à Paris en 2015 où le rôle de l’Université et de la Gouvernance (à l’ordre des points de négociations), celle Marrakech COP22 en 2016 a recommandé l’éducation en vecteur porteur de transition. Quant à la COP23 de Bonn en 2017, elle a fait de l’analyse de risque un point incontournable. Les travaux du Forum ‘Science et Technologies au service de la Résilience des Territoires en 2017 au Japon, pour l’implémentation du Cadre d’Action de Sendai 2016-2021 post Cadre de Hyōgo 2005-2015, ont posé les jalons d’une large collaboration entre les acteurs institutionnels, les chercheurs académiciens et professionnels, pour une stratégie dont la mise en œuvre est nécessairement partagée voire concertée et obligatoirement portée par l’ensemble des acteurs directs et indirects d’un territoire donné.

Par ailleurs, la révolution industrielle marqua un tournant décisif entre le XIXe et le XXe siècle dans la spatialisation des territoires. La taille des espaces d’habitations, des zones d’activités socioéconomiques et les aménagements fonctionnels ont conduit à la refonte de la politique de gestion publique de celui-ci. Au début du XXIe siècle, la notion de pôle urbain et de compétitivité technologique émergea pour mieux répondre aux besoins du citoyen du village planétaire d’aujourd’hui. Cependant l’activité anthropotechnique a entraîné des modifications de l’environnement urbain, rural et naturel à grande échelle, avec des conséquences et des impacts néfastes sur l’équilibre des écosystèmes, ainsi que sur la santé publique, les conditions de vie et de travail des populations dont notamment l’effet de la génération des pollutions et des déchets issus de celles-ci entrainant la prolifération de maladies et de virus, les comportements du facteur humain ayant été également touchés.

L’analyse territoriale a longtemps été appréhendée indépendamment de la notion de durabilité de même que le développement durable, de son côté, lui a largement été étudié dans sa dimension globale, sans référence à une dimension territoriale. Or, aujourd’hui il nous semble pertinent d’étudier le lien entre développement durable et attractivité d’un territoire. De plus le cadre d’analyse de celui-ci a évolué et il est passé d’une dimension globale à une dimension territoriale voire locale. L’analyse vise à expliciter les liens entre les territoires, leur diversité et l’activité économique sans omettre les risques. Ainsi, au sein de ce nouveau cadre, la question du rôle des acteurs publics, des collectivités territoriales notamment, pour favoriser un développement économique durable et sécurisé via une gouvernance dite «verte», est un axe de réflexion en plein essor où l’université peut apporter ce plus qui souvent fait défaut.

L’objet de cette contribution est de faire le point de situation et le développement du rôle connecté à la société civile que l’université et les différents paliers de l’éducation devraient accomplir pour apporter ce plus scientifique, pratique et opérationnel dans la connaissance du risque, l’identification des hyperespaces de dangers (matière-information-énergie) dans la mise en œuvre opérationnels  des savoirs, des savoirs faire et des savoir sociaux. Le consensus et l’adhésion de tous les acteurs, demeure le préalable de la réussite de toute action, puisant stratégie et politique dans le corpus de la Science et de la Technologie pour adapter et s’adapter aux enjeux du 21ème Siècle. 

SESSION 2

Session 2 : RENFORCER LA GOUVERNANCE DES RISQUES POUR MIEUX LES GERER

Modératrice : Mme. Luna Abuswaireh

Renforcer la gouvernance des risques de catastrophe afin de mieux les gérer est une des recommandations du cadre de Sendai. Des actions doivent être prises aussi bien au niveau locale que national. Cela doit concerner le renforcement de la base juridique et institutionnelle en décentralisant la gestion des risques de catastrophe en les transférant vers les collectivités locales. Il est important d’intégrer de manière systématique la gestion des risques de catastrophe à tous les secteurs en renforçant la coopération intersectorielle et le partage des connaissance afin d’aboutir à une mise en œuvre commune des actions.

Il est important dans ce cadre de renforcer la coopération à l’échelle régionale et internationale en adaptant notre législation en matière de gestion des risques de catastrophe aux normes internationales en tenant compte des objectifs des agendas de l’UNISDR.

L’information a un rôle important à jouer en matière de gestion des risques de catastrophe en matière de sensibilisation à tous les niveaux. Une information juste et pertinente contribue à la réduction du risque et permet d’aboutir à une meilleur résilience.

Une stratégie nationale de gestion des risques de catastrophe est nécessaire et doit inclure l’ensemble des secteurs et des intervenants

الأستاذة لونا أبوسويرح تشغل منصب المديرة العامة لمركز دراسات الوحدة العربية منذ مايو/آيار 2017 والمركز الذي تأسس في بيروت في 1975 كمشروع فكري وبحثي متخصص في قضايا الوحدة العربية يساهم في تعميق الوعي وتراكم المعرفة في قضايا الأمة العربية والتحديات التاريخية والسياسية والاجتماعية والاقتصادية، الداخلية والخارجية، التي تواجهها وتحول دون نهضتها من خلال الأبحاث والدراسات والنشر حول أهداف المشروع النهضوي العربي، وهي: الوحدة العربية، والديمقراطية، والتنمية المستقلة، والعدالة الاجتماعية، والاستقلال الوطني والقومي، والتجدد الحضاري.

 تمتد الخبرة المهنية للأستاذة لونا أبوسويرح إلى أكثر من عشرين عاماً في مجال العمل التنموي وإدارة البرامج والمنظمات الدولية. وكانت قد شغلت قبل التحاقها بالمركز منصب مدير المكتب الإقليمي للدول العربية التابع لمكتب الأمم المتحدة للحد من مخاطر الكوارث في القاهرة، مصر. كما عملت كمنسقة شئون تغير المناخ في بون، ألمانيا، وكمدير لبرامج الحد من المخاطر في أمانة الأمم المتحدة في القاهرة وجنيف، وأيضاً كمدير لبرامج متطوعي الأمم المتحدة وكمنسق لمشروع برنامج الأمم المتحدة الإنمائي لتنمية ومشاركة الشباب في مخيمات اللاجئين في قطاع غزة، فلسطين. الأستاذة لونا أبوسويرح حاصلة على ماجستير في الشئون العامة والدولية من الولايات المتحدة الامريكية ودبلوم دراسات عليا في اقتصاد التنمية من هولندا.

Introduction du Cadre de Sendai, la cible de l’élaboration des stratégies nationale  et locales et la stratégie arabe pour la réduction des risques de catastrophe

Fadi Jannan

UN-ISDR-Regional Office Arab States

 RESUMELe cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015-2030, ouvre une nouvelle ère en matière de développement durable, il a été adopté lors de la troisième Conférence mondiale des Nations Unies sur la réduction des risques de catastrophe à Sendai, au Japon, le 18 mars 2015. Il annonce sept objectifs clairs et quatre priorités d'action pour prévenir et réduire les risques de catastrophe existants: (1) Compréhension du risque de catastrophe; (2) renforcer la gouvernance des risques de catastrophe pour gérer les risques de catastrophe; (3) investir dans la réduction des catastrophes pour la résilience et; (4) Améliorer la préparation aux catastrophes pour une réponse efficace et pour "reconstruire en mieux" dans les domaines du relèvement, de la réhabilitation et de la reconstruction. Il vise à réduire considérablement les risques de catastrophe et les pertes de vies humaines, de moyens de subsistance et de santé, ainsi que les actifs économiques, physiques, sociaux, culturels et environnementaux des personnes, des entreprises, des communautés et des pays au cours des 15 prochaines années. Pour atteindre ces objectifs, il faut que tous les pays élaborent leurs stratégies nationales et locales pour la réduction des risques de catastrophe d’ici à 2020, comme le souligne la cinquième cible du nouveau cadre. Les gouvernements nationaux continuent de jouer un rôle essentiel pour favoriser, guider et  coordonner les actions, mais il est nécessaire de donner aux collectivités locales les moyens de réduire les risques de catastrophe, y compris en leur accordant des ressources adéquates, en prenant des mesures d’incitation et en les encourageant à prendre des décisions. Il est nécessaire d’adopter et d’appliquer les stratégies et plans nationaux et locaux de réduction des risques de catastrophe, élaborés  sur des échelles de temps et accompagnés de cibles, d’indicateurs et d’échéances, en vue d’éviter l’apparition de nouveaux risques, de réduire les risques existants et de renforcer la résilience économique, sociale, sanitaire et environnementale. La stratégie arabe pour la réduction des risques de catastrophe (ASDRR) a été adoptée le 15 avril 2018 par la résolution de la Ligue des États arabes au Sommet, à Riyad (Arabie Saoudite). L'ASDRR est un complément aux efforts en cours des institutions nationales, régionales et internationales pour réduire les risques de catastrophes dans la région. Les principales priorités de l'ASDRR sont celles du cadre de Sendai: 1) comprendre le risque de catastrophe; 2) renforcer la gouvernance des risques de catastrophe pour gérer les risques de catastrophe; 3) investir dans la réduction des risques de catastrophe pour accroître la résilience; et 4) améliorer la préparation aux catastrophes pour une intervention efficace et pour «reconstruire en mieux» dans les domaines du relèvement, de la réhabilitation et de la reconstruction. Les priorités représentent le cadre général de Sendai à travers lequel des activités, des programmes et des mécanismes d’action seront développés en fonction des capacités et des besoins différents des états arabes et des organisations régionales spécialisées. Le résultat attendu de l'ASDRR est de réduire considérablement les pertes de vies humaines et en biens causés par les catastrophes aux niveaux social, économique et environnemental dans les états arabes.

BIOGRAPHIE

Fadi Jannan exerce auprès des nations unies depuis 2003 après plusieurs années d’activité dans le secteur privé. Il est titulaire d’un Master en Management des affaires obtenu au USA  et une licence en administration des affaires obtenu au Liban.

Son premier poste aux Nations Unies a été auprès du PNUD sur la formation de compétences pour la réduction des risques de catastrophe en Syrie en 2003. Entre 2009-2013 il fut chef de projet PNUD intitulé « renforcement le développement des capacités pour la réduction des risques de catastrophe » pour la Syrie.

En 2013 Fadi Jennan est nommé au bureau arabe des Nations Unies pour s’occuper de la mise en œuvre des cadre de Hyogo et de Sendai à travers les programmes régionaux (région arabe) liés à la réduction des risques de catastrophe.

En 2017, Fadi Jennan devient chef adjoint du bureau arabe des Nation Unies pour la réduction des risques de Catastrophe.

Pas de titre

 

Ambassadeur Lazhar SOUALEM,

Directeur au Ministère des Affaires Etrangères

RESUME

La prise en charge idoine de la problématique des risques de catastrophe requiert l’adoption d’une vision globale associant anticipation, réaction et action dans une démarche de coordination autant horizontale que verticale.

Depuis le 18 mars 2015, la communauté internationale dispose d’un cadre d’action en matière de réduction des risques de catastrophe pour la période 2015-2030,  dit cadre de « Sendai ».  Ce dernier s’est appuyé sur le retour d’expérience de la mise en œuvre du Cadre d'action de Hyogo (CAH), qui couvrait la décade 2005-2015.  Le Cadre de Sendai marque, un changement d’approche avec un accent mis davantage sur la prévention, la gestion et la réduction des risques de catastrophe plutôt que sur « la gestion des catastrophes une fois celles-ci survenues ». Il se décline en 7 objectifs à atteindre en 2030 et quatre priorités d’action, qui concernent les niveaux local et national, ainsi que régional et international.

L’architecture internationale en matière de gestion des catastrophes naturelles s’articule autour d’une plateforme mondiale. Le Bureau des Nations Unies pour la prévention des catastrophes (UNSDIR), soutient la mise en œuvre, le suivi et l’examen du Cadre de Sendai. Il établit, des rapports périodiques pour la Plateforme mondiale et interagit  avec les plateformes régionales  dans le but de renforcer la coopération et d’aider à élaborer des politiques et des stratégies de réduction du risque au niveau de chaque région et dans chacun des pays y faisant partie.

La mise en œuvre du cadre de Sendai repose également sur une série d’indicateurs cohérents au double plan mondial et régional. Ces indicateurs laissent clairement apparaitre les liens avec les mécanismes pertinents relevant des thématiques du développement durable et les changements climatiques, deux chantiers qui ont marqué les négociations multilatérales ces dernières années et que replace au plan des priorités l’objectif 13 des ODD 2030.

La gestion post-catastrophe, en cas de déplacements de population à grande échelle, mobilise des acteurs tels que le Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA), le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR), l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM),  l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Organisation internationale de la Protection civile ou, encore, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FISCR) qui peut faire un travail de mobilisation auprès des sociétés nationales paires. Il s’agit d’un agenda international chargé et d’une architecture régionale et internationale riche et diversifiée mais qui n’a d’autres choix que de mutualiser ses moyens et de travailler en complémentarité,  au moment où les ressources financières nécessaires à la coopération se raréfient. 

BIOGRAPHIE

Lazhar Soualem est Ambassadeur, Directeur des Affaires Humanitaires, Sociales, Culturelles, Scientifiques et Techniques Internationales au Ministère des Affaires Etrangères.

Diplômé de la Section diplomatique de l’Ecole Nationale d’Administration, il a suivi des formations spécialisées de l’Institut de San Rémo sur le droit international humanitaire.

Spécialiste des questions multilatérales du système des Nations Unies, il a servi à deux reprises près de la Mission Permanente d’Algérie auprès de l’Office des Nations Unies à Genève comme Conseiller et en qualité de Ministre Conseiller - Représentant Permanent adjoint ainsi que Ministre Conseiller - Représentant Permanent adjoint à la Mission d’Algérie près des organisations Internationales à Vienne (Autriche). Il a été Ambassadeur au Zimbabwe et en Zambie.  Membre de plusieurs Conseils d’administration et de comités nationaux, il siège comme délégué et expert dans des organes de droits de l’homme des Nations Unies.

 Stratégie de Lutte contre les Inondations

Mme. Nora Frioui-Ziani

Directrice de l’Assainissement et de la protection de l’environnement- Ministère des Ressources en Eau

RESUME

Ces dernières années, on assiste en Algérie aux effets dévastateurs des inondations qui affectent aussi bien le nord que le sud du pays. Le secteur des ressources en eau a pris en charge ce phénomène par l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie de lutte contre les inondations. Les trois enjeux prioritaires ayant servi de moteur pour l’élaboration de cette stratégie sont : 1) La mise en sécurité des populations à risque; 2) la réduction des dommages et maîtrise des couts d’investissement et d’entretien, 3) la réduction du délai de retour à la normale. Les orientations stratégiques définies sur la base des trois enjeux sont au nombre de cinq: 1) L’amélioration de la connaissance du risque; 2) la réduction de la vulnérabilité; 3) la réorientation de la politique des mesures structurelles; 4) l’aménagement durable des territoires; 5) le développement de la coopération institutionnelle. Cette stratégie a identifié 689 sites à risque et a défini un plan d’action multisectoriel précis à différents niveaux national, régional et local pour la lutte contre les inondations sur l’ensemble du territoire national. Les actions prioritaires sont : 1) Installation de systèmes efficaces et souples pour la prévision et l’alerte; 2) délimitation et protection des DPH et mise en œuvre des PPRI pour chaque zone à risque; poursuite des mesures structurelles la réalisation des barrages écrêteurs, aménagements hydrauliques et renforcement de l’assainissement pluvial. En conclusion, cette stratégie nationale de lutte contre les inondations constitue un cadre partagé qui affiche les priorités et oriente la politique de gestion des risques d’inondations.

Les inondations en Algérie

Behlouli Larbi

Expert Hydrologue (ex. Responsable des études et de la prévision à la ANRH)

RESUME

Une recrudescence des événements extrêmes est constatée depuis quelques années, ce que beaucoup de spécialistes associent à un changement du climat. Aussi des mesures structurales et non structurelles sont  entreprises.

     I- Mesures non structurales

Au-delà de la bonne gestion de l’information préventive ( telle qu’elle est entreprise particulièrement depuis la mise en place de la délégation) ,la mise en place de système d’alerte et de prévision au niveau de certaines agglomérations (telles que El Harrach, Bel Abbes, Annaba) est d’une grande portée.

II- Mesures structurales de la prévention du risque inondation :

Les actions suivantes sont et doivent entreprises  tout en veillant à leur continuité dans le temps (programme mis en œuvre par les différents secteurs..

Des mesures structurales plus importantes(telles que l’aménagement des bassins, dérivation des eaux, réalisation de diguettes, barrages ou seuils pour stoker et laminer les crues à l’amont des zones menacées) sont quelques fois nécessaires pour réduire de manière plus significative le risque (différents projets de secteurs….) .    

Devant la complexité de la problématique des inondations où doivent intervenir plusieurs secteurs et beaucoup d’efforts a été fournit par l’état,  la concertation et la coordination s’avèrent nécessaires pour assurer le succès des actions envisagées.

BIOGRAPHIE

Monsieur BEHLOULI LARBI est expert hydrologue  ingénieur de formation de la promotion 1983 de l’école polytechnique d’Alger. Il a occupé plusieurs postes de responsabilité:  Ingénieur en chef à la ANRH, sous directeur des réalisations  hydrauliques, Chef de service des études et de la prévision hydrologique à la centrale ANRH pendant 17ans. Il est spécialisé dans les  études  des eaux superficielles (réalisation de la carte des eaux superficielles  et de la pluviométrie de l’Algérie, modélisation et cartographie  des écoulements et des phénomènes extrêmes.

EXPERIENCE ALGERIENNE DANS LE DOMAINE DE LA REDUCTION DU RISQUE SISMIQUE

Pr. Mohamed  Belazougui

Directeur du  Centre National de Recherche Appliquée en Génie Parasismique (CGS)

RESUME

En un peu plus de cinquante ans de développement (1962-2018), l’Algérie a quadruplé son parc logement et plus que décuplé  le reste de ses infrastructures et de son environnement bâti. Ce patrimoine est exposé à un certain nombre d’aléas naturels dont le plus important est l’aléa sismique auquel est soumise toute la partie nord du pays depuis le pied sud de l’atlas saharien jusqu’à la côte méditerranéenne, zone abritant plus de 90 % de la population et du domaine bâti et l’essentiel de son potentiel économique.

Historiquement, l’Algérie a déjà connu un certain nombre de séismes dévastateurs tels que ceux d’Alger (1716, 20 000 morts), d’Oran (1790, 3000 morts), ou Blida (1825, 7000 morts). Durant les soixante dernières années, pas moins d’une quinzaine de séismes dommageables ont frappé notre pays dont trois séismes majeurs , soit : El Asnam (1954, M 6.7, 1243 morts) El Asnam/Chlef (1980, M 7.2, 2633 morts), Boumerdes (2003, M 6.8, 2278 morts).

Conscients de la réalité de la menace sismique, les Pouvoirs Publics, à travers le Ministère de l’Habitat (MIHAB-MATUC-MHU) à partir de 1977, et à travers le Ministère des Travaux Publics et de la Construction (MTPC), auparavant, ont initié un certain nombre de mesures ou d’outils à même de réduire, progressivement, mais significativement, le risque sismique. Dans ce cadre, on peut citer la circulaire de 1973 du MTPC sur l’application de règles de conception  et de calcul parasismiques (inspirées du Règlement français PS 62) pour les ouvrages publics en zone sismique, et les Règles parasismiques actuelles RPA (édictées par le MHU) avec les versions successives (1981, 1983, 1988, 1999, 2003) et la version 2018 en voie de finalisation. Il faut dire que l’Algérie est actuellement le seul pays en Afrique et dans le monde arabe à disposer d’un règlement parasismique d’application obligatoire et, globalement, appliqué sur le terrain. Ce règlement de conception et de calcul associé aux autres règlements techniques de construction édictés par les pouvoirs publics contribuent à obtenir des constructions résistant aux sollicitations sismiques et à réduire ainsi l’essentiel du risque sismique lié aux nouvelles constructions.

D’autres aspects liés à la réduction du risque sismique, tels que les études et cartographies d’aléa sismique régional (macrozonage), des aléas sismiques locaux (Microzonage), les études de vulnérabilité des bâtiments stratégiques, les scénarios risque sismique des tissus urbains, et autres, sont pris en charge de manière de plus en plus significative pour orienter les redéploiements territoriaux ou les réaménagements urbains. Toute cette activité s’est accompagnée ou a été sous-tendue par des programmes et actions de formation, de perfectionnement  et de recherche, ainsi que par la mise en place d’institutions spécialisées.

Dans la présente contribution, il sera fait une description ou un rappel succinct des différentes actions, étapes et activités liées à la réduction du risque sismique dans le domaine de la construction durant le demi-siècle passé.

SESSION 3

INVESTIR DANS LA REDUCTION DES RISQUES DE CATASTROPHE AUX FINS DE RESILIENCE

Plan Directeur de Résilience Urbaine (PDRU) of the Wilaya of Algiers

Pr. Fouad Bendimerad, Ph.D., P.E.

Chairman of the Board, EMI and Team Leader PDRU

RESUME

Le Plan Directeur de Résilience Urbaine (PDRU) est un projet de partenariat entre la Wilaya d'Alger et EMI. Le projet vise à élaborer un plan multisectoriel qui engagera et guidera les institutions publiques et privées ainsi que les communautés de la Wilaya d'Alger dans un processus à long terme visant à réduire les risques de catastrophe et à renforcer la résilience. Le PDRU sera le résultat d'une collaboration entre les compétences nationales et des experts internationaux, principalement de la diaspora Algérienne, mondialement reconnus comme leaders dans leurs domaines. Le PDRU fournira à la Wilaya d'Alger: 1) une vision commune pour une Alger ville résiliente qui servira de modèle pour les autres grandes villes Algériennes; 2) une feuille de route réaliste pour la prise de décisions afin de réduction de risques ; 3) des stratégies de résilience et des plans d'action avec indication des priorités; 4) un mécanisme de programmation et de budgétisation des projets de réduction des risques; et 5) Une reconnaissance des rôles et des responsabilités de toutes les parties prenantes dans le processus de renforcement de la résilience urbaine. Pour développer l'appropriation, la pérennité et les compétences, le projet adopte une approche participative impliquant, aux côtés des autorités de la Wilaya, un large éventail de parties prenantes comprenant des agences gouvernementales nationales, des élus, des représentants d'institutions scientifiques et techniques, de la société civile, du secteur privé, du monde universitaire, les médias et d’autres parties prenantes. Ce projet de deux ans comprend 12 secteurs et inclut sept analyses, dont les séismes, les inondations, les glissements de terrain et les changements climatiques.

BIOGRAPHIE:

Fouad Bendimerad est Président de EMI, organisation scientifique internationale à but non lucratif, et Directeur du projet PDRU. Il est un chercheur, un praticien et universitaire qui s'intéresse particulièrement aux mégapoles et à l'évaluation et à la gestion des risques urbains. Il a développé des approches scientifiques pour la mise en œuvre de schémas directeurs de résilience urbaine pour plusieurs mégapoles, notamment Istanbul, Amman, le Grand Manille, Mumbai, Dhaka et Alger. Il a enseigné dans plusieurs universités aux États-Unis, au Japon, en Allemagne, en Turquie et ailleurs. Il a conseillé plusieurs organisations internationales, des gouvernements et maintient un bureau conseil en ingénierie parasismique en Californie, où il est ingénieur professionnel agréé. Il a été chercheur principal et vice-président de RMS Inc. pendant 11 ans et a été membre du corps professoral de l'Université de Stanford pendant 13 ans. Il est titulaire d'une maîtrise et d'un doctorat en génie civil de l'Université de Stanford.

Quantitative Risk Analysis to Assess Food Insecurity in the Western Region of Senegal

  1. DiackM. LoumC.T. Diop andA. Holloway

RESUME

Il y a un besoin croissant de développement des indicateurs de la vulnérabilité et la capacité d’adaptation pour déterminer la solidité des stratégies de réponse au fil du temps et pour mieux comprendre les processus sous-jacents. L’objectif de cette étude est de déterminer les niveaux de risque de l’insécurité alimentaire en utilisant des indicateurs de vulnérabilité définis. Au sens de la présente étude, les facteurs influençant l’insécurité alimentaire et les différents indicateurs vulnérables ont été examinés par l’utilisation des méthodes de recherche quantitative et qualitative. Les observations faites sur l’environnement physique (en utilisant les outils pour l’analyse spatiale) et les campagnes socio-économiques menées avec des populations locales ont quantifié les indicateurs de vulnérabilité dans la région agricole de Niayes. L’Application du modèle de la Classification et l’arbre de Régression (CART) nous a permis de quantifier le niveau de vulnérabilité de la zone. Les résultats montrent que la décroissance dans la surface agricole est c’est ce qu’on constate le plus dans cette étude. La rapidité de la réduction des surfaces agricole a particulièrement augmenté entre 2009 et 2014, avec une perte de 65% de ces zones. Par conséquent, un système de prise de décision, centré sur le besoin de renforcement de la résilience des populations locales, en préservant la vocation agricole de la région de Niayes et même des régions du Sahel requiert le soutien et l'extension des services pour les fermiers dans le but de promouvoir les pratiques agricole durables.

ABSTRACT

There is an increasing need to develop indicators of vulnerability and adaptive capacity to determine the robustness of response strategies over time and better understand the underlying processes. This study aimed to determine levels of risk of food insecurity using defined vulnerability indicators. For the purpose of this study, factors influencing food insecurity and different vulnerable indicators were examined using quantitative and qualitative research methods. Observations made on the physical environment (using tools for spatial analysis) and socio-economic surveys conducted with local populations have quantified vulnerability indicators in the Niayes agricultural region. Application of the Classification and Regression Tree (CART) model has enabled us to quantify the level of vulnerability of the zone. The results show that the decrease in agricultural surface areas is the most discriminant one in this study. The speed of reduction of the agricultural areas has specially increased between 2009 and 2014, with a loss of 65% of these areas. Therefore, a decision-making system, centered on the need for reinforcing the resilience of local populations, by preserving the agricultural vocation of the Niayes region and even of the Sahelian regions requires support and extension services for the farmers in order to promote sustainable agricultural practices.

BIOGRAPHIE

Mateugue Diack est Professeur en science des sols et agronomie et Chef du Département de Crop Production, Ecole d’Agronomie, Aquaculture et Technologie Alimentaire à l’Université Gaston Berger (GBU) de Saint-Louis, Sénégal. Il a obtenu de l’Université de Purdue (USA) son PhD en science des sols, un MSc en gestion de l’eau et du sol, et une licence en agronomie internationale. Sa recherche et ses publications concernent la fertilité du sol, la dégradation/restauration de l’évaluation de la qualité du sol en relation avec le risque d’insécurité alimentaire et nutritionnelle de l’Ouest de l’Afrique. Actuellement, il dirige le programme de réduction des risques de catastrophe Periperi au GBU. Sur le plan académique et de formation, il a enseigné et supervise des activités de recherche sur la prévention et la gestion du risque d’insécurité alimentaire et nutritionnelle aux niveaux régional et national au Sénégal. Professeur Diack est le Coordinateur du programme Periperi U basé à l’Université de Gaston Berger.

Gouvernance des Risques de Catastrophes et Développement Durable: Défis et enjeux

Pr. Randrianalijaona T. Mahefasoa

Directeur du Centre d’Etudes et de Recherches Economiques pour le Développement (CERED), Madagascar

RESUME

La prise de conscience au niveau international depuis quelques décennies sur l’importance des dommages et des pertes occasionnés par les catastrophes causées aussi bien par les aléas naturels que ceux en lien avec les activités humaines a permis d’apporter des changements fondamentaux dans la manière d’appréhender les risques et les catastrophes. Bien que devenue une priorité pour les nations, la réduction des risques de catastrophes doit désormais être associée aux efforts de renforcement de résilience à tous les niveaux pour assurer et maintenir le développement durable. Pour pouvoir réaliser de tels objectifs, une bonne gouvernance des risques de catastrophes utilisant l’outil de décision, atlas économique des risques est indispensable.

BIOGRAPHIE

Randrianalijaona Tiana Mahefasoa est Economiste avec plus de 20 ans d’expériences professionnelles, travaillant auparavant au sein de la Banque Mondiale bureau de l’Océan Indien, comme Economiste chargé de la gestion des risques de catastrophes et d’adaptation au changement climatique, Prof Randrianalijaona Tiana Mahefasoa a été nommé Directeur du Département Multidisciplinaire en Gestion des Risques et des Catastrophes (DMGRC) de l’Université d’Antananarivo depuis Avril 2009. Actuellement, il est le Directeur du Centre d’Etudes et de Recherches Economiques pour le Développement (CERED). Ses domaines de recherches touchent un certain nombre de thématiques avec des orientations prononcées sur les dimensions sociales des risques et les enjeux de ceux-ci avec la résilience et le développement durable. Il a été associé à beaucoup de projets de recherche et de développement de partenaires nationaux et internationaux en tant que principal Lead dont les objectifs principaux sont la réduction des risques de catastrophes et le renforcement de la résilience des communautés exposées aux risques. Un certain nombre de projet qu’il a conduit visaient aussi le renforcement des capacités des autorités locales pour mieux faire face aux risques de catastrophes tout en assurant le développement local. Membre d’un certain nombre de corps au niveau international dont le Groupe des Experts du Global Risk Assessment Framework de l’UNISDR, Prof Randrianalijaona Mahefasoa est le Responsable du programme PERIPERI U pour le compte de l’Université d’Antananarivo (Madagascar).

ACTIONS ET INTERVENTIONS DU SECTEUR DE

L’HABITAT ET DE L’URBANISME SUR LES RISQUES MAJEURS DANS L’ELABORATION ET L’APPLICATION DES INSTRUMENTS D’URBANISME

Mr MSILI Abdelkrim

directeur général de l'urbanisme et de l'architecture  ,

et  Mme RACHEDI Naima

directrice de l'urbanisme

RESUME

Progress réalisés dans le domaine de la réduction des catastrophe

  1. - Un renforcement des réseaux de surveillance des phénomènes et des moyens de recherche expérimentale
  2. B - Des évaluations au niveau national des Aléas et/ou des risques par la plupart des secteurs concernés avec des niveaux de précision variables
  3. II-PLAN D’ACTIONS

1) Élaboration et mise en application d’un règlement parasismique:

2) Renforcement des réseaux de surveillance des mouvements sismiques 

3) Évaluation du risque et de la vulnérabilité sismique 

4) Mesures Structurelles (investissements publics) 

5) Mesures Non-Structurelles pour Réduire le Risque Sismique et les Autres Risques

5) Mesures Non-Structurelles pour Réduire le Risque Sismique et les Autres Risques

III- EVOLUTION DU PROCESSUS DE PRISE EN CHARGE DES ALEAS NATURELS PAR LES INSTRUMENTS D’AMENAGEMENT ET D’URBANISME

IV- ATTENUATION DES RISQUES  SISMIQUES DANS LE DEVELOPPEMENT DU CADRE BÂTI

1)LES CARACTERISTIQUES DES ETUDES SISMIQUES LIEES A L’URBANISATION

2)LA VULNERABILITE DES OUVRAGES STRATÉGIQUES ET DES TISSUS URBAINS AU RISQUE SISMIQUE

V-Situation des études d’aménagement et d’urbanisme

1)ETUDES D’URBANISME

2)ETUDES GEOTECHNIQUES

SESSION 4

RENFORCER L’ETAT DE PREPARATION AUX CATASTROPHES POUR INTERVENIR DE MANIERE EFFICACE ET RECONSTRUIRE EN MIEUX

Social Science Contributions to Disaster Risk Reduction: Possible lessons for Algeria

Pr. Ben Wisner

Institute for Risk and Disaster Reduction of University College, London

RESUME

Nous savons tous que les catastrophes sont des processus complexes. Une catastrophe implique toujours un aléa tel qu'un événement naturel extrême: une pluie intense, un séisme ou une vague de chaleur. Mais cet événement naturel n'est pas la catastrophe. Dans ce sens, IL N'Y A PAS QUELQUE CHOSE QUI S'APPELLE CATASTROPHE NATURELLE. Il y a une population et des ressources vulnérables, et certaines personnes et groupes sociaux sont plus vulnérables que d'autres. Certains groupes sont moins capables d'anticiper, résister, faire face et se relever après les impacts d'un aléa. Ils sont plus sensibles à la perte et plus exposés. Ils ont moins de résilience, ce qui fait que leur capacité à “rebondir” est limitée par les aspects de leur condition sociale. Ils ont aussi moins de capacité à apprendre de ce qu'ils ont vécu et utiliser cette expérience pour procéder aux changements susceptibles d'améliorer leur bien-être et de réduire leur vulnérabilité et risque aux aléas futurs. Ces relations peuvent être résumées dans une quasi-équation qui peut aider et assister la mémoire et le point de départ de la discussion, la planification, la politique et la recherche:

R = [(H x V/C) – M]

Où:

Cette présentation explorera les dimensions def V, C & M dans le contexte algérien.

BIOGRAPHIE

Ben Wisner est Professeur invité à l’Institut “Risk and Disaster Reduction”, University College, Londres. Agé de 75 ans, il était très engagé dans les relations société-nature durant plus de 50 ans en s’intéressant à la recherche, l’enseignement et la formation sur les aléas naturels aussi bien dans le monde rural que celui urbain et ce, en Afrique, Asie et Amérique Latine. Il a été Directeur des Etudes Internationales et Professeur de Géographie à l’Université de Californie de Long Beach et a aussi enseigné à l’Université de Kyoto, l’Institut Fédéral Technique Suisse, l’Ecole des Sciences Economiques et Politiques de Londres, et à l’Université de Dar es Salaam en Tanzanie. Sa thèse de PhD (1978) s’intéresse à comment les petits agriculteurs font face à la sécheresse au Kenya. Il est co-auteur de deux éditions de “At Risk: Natural hazards, people’svulnerability and disasters (1994 & 2004)” et a dirigé le programme des Nations Unies “La Géographie de la Vulnérabilité Sociale dans les Mégapoles” (1997–2001), produisant la collection co-editée “Disaster Risk Reduction: Cases from Urban Africa (2009)”. Dr. Wisner est aussi le co-éditeur de "The Routledge Handbook of Hazards and Disaster Risk Reduction (2012)" et "Disaster Management: International lessons in risk reduction, response and recovery (2013)". Actuellement, il est co-éditeur de "Oxford Encyclopedia of Natural Hazard Governance". Il a été conseiller scientifique depuis 2007 pour le “Global Network of Civil Society Organisations for Disaster Reduction (http://www.globalnetwork-dr.org/)” et est aussi Conseiller du programme de recherche Séismes sans Frontières, ESRC-NERC (http://ewf.nerc.ac.uk/).

ABSTRACT

We all know that disasters are complex processes. A disaster always involves a hazard such as an extreme natural event: intense rainfall, an earthquake or a heat wave. But this natural event is not the disaster. In that sense, THERE IS NOT SUCH THING AS A NATURAL DISASTER. There always has to be a vulnerable population and their assets, and some people and social groups are more vulnerable than others. Some groups are less able to anticipate, resist, cope with and recover from the impacts of a hazard. They are more susceptible to loss and more exposed. They have less resilience, that is, their capacity to “bounce back” to their pre-impact condition of well-being is limited by aspects of their social condition. They also have less capacity to learn from the experience and use it to make changes that would actually improve their well-being and reduce their vulnerability and risk to a future hazard. These relationships can be summarized in a quasi-equation that is helpful as an aid to memory and the starting point for discussion, planning, policy and research:

R = [(H x V/C) – M]

where:

This presentation will explore dimensions of V, C & M in the Algerian context.

BIOGRAPHY

Ben Wisner is a visiting professor at the Institute for Risk and Disaster Reduction of University College, London. He is 75 and has been engaged with society-nature relations for more than 50 years: researching, teaching and training on the social dimensions of natural hazards in both rural and urban settings in Africa, Asia and Latin America. He was previously Director of International Studies and Professor of Geography at California State University at Long Beach and has also taught at Kyoto University, the Swiss Federal Technical Institute in Zurich, the London School of Economics and Political Science and Dar es Salaam University in Tanzania. His PhD (1978) dealt with how small farmers cope with drought in Kenya. He is co-author of two editions of At Risk: Natural hazards, people’svulnerability and disasters (1994 & 2004) and directed the United Nations University programme, “The Geography of Social Vulnerability in Megacities” (1997–2001), producing the co-edited collection Disaster Risk Reduction: Cases from Urban Africa (2009). Dr. Wisner is also the co-editor of "The Routledge Handbook of Hazards and Disaster Risk Reduction (2012)" and "Disaster Management: International lessons in risk reduction, response and recovery (2013)". Currently he is a co-editor of the "Oxford Encyclopedia of Natural Hazard Governance". He has been scientific advisor since 2007 for the Global Network of Civil Society Organisations for Disaster Reduction (http://www.globalnetwork-dr.org/) and is also advisor to the ESRC-NERC research  programme, Earthquakes without Frontiers (http://ewf.nerc.ac.uk/).

La nécessité d’un meilleur état de préparation aux diverses interventions: la règlementation, les formations, les simulations, les stocks d’urgence; élaborer ou renforcer les systèmes de prévision, de veille et d’alerte; capitaliser l’expérience des catastrophes passées: Cas de l’Armée Nationale Populaire

Makhlouf Larabi

Colonel, Ministère de la Défense Nationale, Algérie 

RESUME

Le monde a connu de nombreuses catastrophes dues à des facteurs naturels, industriels où à de l’activité humaine, avec, malheureusement, de nombreuses victimes et de pertes économiques considérables. Cette situation a obligé les Etats à concevoir et adopter des systèmes intégrés de prévention, de gestion et de recouvrement, en impliquant des structures professionnelles et en recourant aux forces armées, le plus souvent. A l’instar des autres pays, l’Algérie a adopté le concept de recours aux forces armées, chaque fois que l’ampleur d’une catastrophe l’exige. Après la promulgation de la loi n°04-20 du 25 décembre 2004 l’article 57 a inscrit l’intervention des unités de l’Armée Nationale Populaire en cas de catastrophe dans le cadre de la loi n°23-91 du 06 décembre 1991 qui a donné la possibilité au wali de requérir le Commandement de la Région Militaire de compétence, afin de disposer des unités de l’Armée Nationale Populaire en cas de catastrophe. Pour mettre en application ce concept, le Ministère de la Défense Nationale a pris l’Arrêté n°492/2005 du 21 août 2005 qui a prévu des plans d’Intervention qui prennent en charge quelques modules d’intervention et des adaptations structurelles permanentes, en charge de la planification et la préparation des interventions, et non permanentes (cellules de crise) chargés de superviser les opérations d’intervention. Les plans d’intervention, conçus selon les dispositions de l’Instruction n°154/2007 du 13 juin 2007, s’articulent autour d’un certain nombre de détachements militaires prélevés à partir des unités implantées sur le territoire de la Région Militaire, et dotés de moyens adéquats, qui pourront être utilisés en cas de catastrophe, suite à une demande adressée par les autorités civiles au Commandant de la région militaire d’appartenance. Dans un cadre plus spécialisé, le Régiment Polyvalent du Génie de combat, de par ses missions, son organisation et ses moyens organiques, peut également être utilisés en cas de catastrophe. Au cours de l’année de préparation au combat, ses détachements prépositionnés suivent des formations et font des exercices par rapport à leur arme d’origine. Les unités de l’Armée Nationale Populaire ont déjà participé à l’exercice organisé par la Direction Générale de la Protection Civile à Ain Oussara/Djelfa du 22 au 26 mai 2015, simulant une catastrophe grandeur nature. L’Armée Nationale Populaire a déjà participé à la gestion de la catastrophe survenue à la suite des inondations de Ghardaïa du 01octobre 2008, ce qui a permis d’expérimenter le dispositif d’intervention dans de réelles conditions. En conclusion, le Ministère de la Défense Nationale peut être considéré comme précurseurs dans la promulgation des textes d’application de la loi 04-20 du 25 décembre 2004, et l’intervention des unités de l’Armée Nationale Populaire vise le renforcement des capacités de l’Etat dans la prise en charge des risques majeurs, de la manière, en termes d’efficacité et de coordination avec les autorités civiles et les différents intervenants.

La préparation à la réponse

Colonel LALAOUI Fouad

Directeur de l’Organisation et de la Coordination des Secours

Direction Générale de la Protection Civile

RESUME

Eviter qu’un sinistre ne puisse se produire, ou essayer d’en limiter les conséquences par la mise en place de structures réglementaires, telle est la finalité de la prévention.

Malheureusement, la prévention ne pourra jamais atteindre un degré absolu d’efficacité (accidents, négligences...). En conséquence, il est nécessaire de se préparer à une éventuelle catastrophe et organiser les différents moyens susceptibles d’arrêter ou de diminuer les effets induits. Il faut donc prévoir dans la mesure du possible, et préparer systématiquement l’intervention des secours, c’est la préparation à la réponse.

La préparation à la Réponse  nécessite un travail de prospective. Il s'agit d'une part de capitaliser l'expérience des événements passés pour améliorer le système de gestion en vigueur et éviter de reproduire les erreurs, et d'autre part de tenter d'envisager des situations nouvelles susceptibles de se reproduire.

Les plans et procédures de préparation sont élaborés par une ou plusieurs entités distinctes ayant à mener en urgence des actions, lorsque l'événement catastrophique survient (secours publics, collectivités locales, industriels, etc).

La préparation à la réponse est une culture à développer et à entretenir en particulier dans les régions à risques afin de sauvegarder les personnes et les biens et de permettre aux régions touchées de se rétablir le plus rapidement possible, à moindre cout et avec des pertes acceptables aussi bien par les populations que les pouvoirs publics.

BIOGRAPHIE

Colonel Lalaoui Fouad est officier au niveau de la protection civile algérienne. Il est Directeur de l’Organisation et de la Coordination des Secours. Il est Ingénieur d’Etat des Forêts (Faculté des Eaux et Forêts de Skopje / Ex Yougoslavie). Il est aussi Diplôme de Hautes Etudes Technologiques (Institut National Polytechnique de Lorraine-Nancy- France). Il est titulaire d’un Master II Gestion des risques et de crises (Université de Haute Alsace) – Mulhouse/France. Il a une Participation active dans la Gestion opérationnelle de plusieurs catastrophes survenues à l’échelle nationale. Il a participé l’élaboration des plans d’organisation des secours. Il est correspondant National du programme Euro-méditerranéen de protection civile PPRD Sud (Programme  Euro-méditerranéen de Prévention, Préparation et Réponse aux Désastres Naturels et Humains),

Communication de la Direction Générale des Forêts sur les Incendies en Algérie

Abdelkader Benkheira

Directeur de la protection de la flore et de la faune (DGF)

RESUME

L’Algérie, à l’instar des autres pays du bassin méditerranéen, enregistre chaque année une superficie moyenne de 34 000 hectares et plus de 3 000 foyers d’incendies. La dégradation continue du patrimoine forestier menace l’intégrité écologique du nord du pays, la stabilité des espaces ruraux tout en réduisant la protection des terres contre les catastrophes naturelles telles que les inondations, les glissements de terrains et les envasements des barrages. Devant cette situation, outre les mesures législatives et réglementaires, des dispositions sont prises, à la veille de chaque campagne de prévention et de lutte contre les feux de forêts, en matière de sensibilisation, de prévention et d’intervention à l’effet de préserver le patrimoine forestier. Dans ce même contexte, l’administration des forêts s’efforce pour améliorer et rendre plus efficace la gestion des campagnes de prévention et de lutte moyennant l’expertise nationale et internationale ainsi que le renforcement permanent du dispositif de lutte et son amélioration. L’utilisation des moyens modernes dans la gestion des feux de forêts notamment le domaine de la prévision des risques et de veille est indispensable surtout avec l’augmentation continuelle du nombre d’incendies favorisés par la problématique majeure du climat où le stress hydrique et l’exacerbation des conditions climatiques semble être une des principales causes sou tendant la dynamique actuelle des feux de forêts tant en Algérie qu’à l’échelle du circum méditerranéen. A cette enseigne, l’Administration des Forêts à mis en place une stratégie basée sur: 1) Le renforcement du dispositif de lutte par la création des colonnes mobiles forestières ; 2) La révision et l’adaptation de la réglementation aux nouvelles orientations à l’effet d’une consolidation renforcée du dispositif de protection du patrimoine forestier. Les systèmes de veille et d'évaluation du danger sont un autre élément essentiel de la prévention contre les incendies. Dans cette optique, l’Administration des Forêts, en collaboration avec l’Office National de la Météorologie et l’Agence Spatiale Algérienne (ASAL) prévoient la création d’un indice de veille forêts-météo  et l’établissement d’une carte de risque feux de forêts.

Vigilance et Alerte à Météo Algérie

Mr. Bachir HAMADACHE

Directeur de la Prévision et des Télécommunications Météorologiques

Office National de la Météorologie

RESUME

De par sa situation géographique, l’Algérie est affecté par des perturbations atmosphériques qui se forment ou se régénèrent en méditerranée qui est identifiée par plusieurs auteurs comme étant la région la plus cyclogénétique dans le monde. La plupart des dépressions répertoriées dans sa partie occidentale sont dues à l’orographie. De ce fait, elles sont faibles et sont de méso-échelle. Cependant, certaines d’entre elles sont profondes et sont à l’origine du temps violent (vents forts, inondations etc.), qui  affecte parfois les régions entourant le bassin méditerranéen.

En outre, notre pays est affecté par d’autres types de temps dits sévères tels que les tempêtes de sable, les remontées d’air tropical provoquant des orages intenses sur la région  du Hoggar/Tassili, qui sont parfois à l’origine de crues dévastatrices.

L’état de l’art aussi bien que l’existant dans les Services météorologiques nationaux Européens et autres, montre que la possibilité de développer des produits spécifiques innovants et relativement aisés à mettre en œuvre, existe, et qu’ils sont transposables à Météo Algérie.

C’est le cas de la carte de vigilance météorologique qui a été officiellement mise en place le 23 mars 2017, à l’occasion de la célébration de la JMM (Journée Météorologique Mondiale), par Mr le Ministre des Travaux Publics et des Transport.

Ce dispositif est le fruit d’un programme de modernisation de l’établissement et de la volonté de Météo Algérie de mettre en place un dispositif  complet et d’actualité visant à informer simultanément les pouvoirs publics, les médias et la population sur des risques météorologiques potentiels, leur gravité, leur évolution, leurs conséquences attendues et des conseils de comportement adaptés.

Parce qu’elle est disponible sur le site web de Météo Algérie et aussi sur Smart phone, la vigilance météorologique informe tout un chacun et contribue à faire du grand public un acteur de sa propre sécurité.

L’implication de tous les acteurs concernés, aura à coup sûr, des conséquences positives, dans la sécurité des personnes et de leurs biens.  

BIOGRAPHIE

Hamdache Bachir est Directeur de la Prévision et des Télécommunications Météorologiques à  l’office national de météorologie d’Alger. En 1981, il est diplômé (Ingénieur) de l’Institut d’ Hydrométéorologique de formation et recherche d’Oran. Il obtient un Master en Météorologie de l’Ecole Nationale de la Météorologie (ENM) de Toulouse (France) en 1998. Il a travaillé sur plusieurs projets en relation avec la météorologie.

Préparation et « reconstruire en mieux » dans le cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe

Pr. Djillali BENOUAR

USTHB/FGC, Laboratoire Bâti dans l’Environnement (LBE)

RESUME

Après le séisme de Boumerdès du 21 mai 2003, le rythme de construction avec une main-d'œuvre non qualifiée apprenant de nouvelles méthodes de construction et de collaboration a été plus lent que prévu par les bénéficiaires ainsi que par les organisations engagées dans la phase de  reconstruction. Ainsi, Lorsque les délais de reconstruction n’ont pu être respectés, un mécontentement a été enregistré parmi les bénéficiaires. Ce qui a contraint de plus en plus les organisations de se tourner vers des sous-traitants et avec un excédent d’entreprises souhaitant participer à la construction de logements en raison du financement disponible. Le succès a été de plus en plus mesuré par le nombre de maisons construites; les entreprises ayant une expérience limitée dans la réparation de logements endommagés par les séismes et la construction de nouveaux logements sont devenues plus impliquées. Les bénéficiaires s'attendaient à ce que les logements soient achevés plus tôt, ce qui signifie que l'accent mis sur la sécurité et la bonne réalisation a été diminué. De nombreuses entreprises ont constaté qu'elles disposaient de suffisamment de fonds pour participer à la construction de logements, mais ne disposaient pas du personnel qualifié, de l'expérience, de la formation ou de la compréhension nécessaires pour relier logement et établissement à la sécurité et à la bonne pratique. Ceci nous interpelle pour un concept plus précis qui n’est pas de "reconstruire en mieux" utilisé par exemple récemment dans le cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe, mais pour éviter la reconstruction de la vulnérabilité qui existait avant l’événement (ne pas reconstruire la vulnérabilité) et reconstruire comme une opportunité avec transformation et non comme un concept physique seulement. Le « reconstruire en mieux » en phase de relèvement doit se baser tout d’abord sur le développement du capital humain pour un meilleur comportement pour affronter les risques de catastrophe future.

9-Interventions

*L'Université et son apport management du risque, durabilité et résilience 

*La base de données sismique, conception et utilité 

*La politique nationale de gestion des risques de catastrophes 

*Les feux de forets en algérie analyse et perspectives

*Progrés de la stratégie internationale de la réduction des risques de catastrophes  

*Risque industriel, effet domino, de l'aléa à la résilience 

*Role de la Science et la Technologie dans la Gestion des Risques de Catastrophe 

*The challenge of earthquake disaster , mitigation in northern algeria 

*Vigilance et Alerte Météorologique à Météo Algérie

*Réduction du risque de catastrophe 

*Analyse Quantitative - Evaluation des Risques Insécurité Alimentaires Ouest du Sénégal

*Gestion des Risques de Catastrophes et Développement Durable Défis et enjeux

*Plan directeur de résilience urbaine wilaya d'Alger

*Prise en charge de la problématique des inondations 

*Social Science Contributions to Disaster Risk Management in Algeria

end faq